Centrafrique : les autorités regrettent que le Tchad retire ses troupes

Les autorités centrafricaines ont fait part vendredi de leur regret après l’annonce jeudi du retrait du contingent tchadien .

Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’annonce jeudi du retrait des troupes tchadiennes fassent l’effet d’une bombe. Les autorités centrafricaines ont d’ors et déjà fait part ce vendredi de leur « regret », après cette mesure. « Nous venons d’apprendre avec beaucoup de regret l’annonce du retrait de la République centrafricaine des troupes tchadiennes de la Misca », a déclaré le ministre centrafricain des Affaires étrangères Toussaint Kongo-Doudou dans un communiqué transmis par l’ambassade de RCA à Paris.

En escale à Paris, après le sommet UE-Afrique, qui se tenait mercredi et jeudi à Bruxelles, le chef de la diplomatie centrafricaine souligne que cette décision, qui survient après la mise en cause de soldats tchadiens dans la mort de civils à Bangui, « a été prise en toute souveraineté par le gouvernement tchadien ». Une annonce qui survient après la mort d’au moins 24 civils à Bangui tués par des soldats tchadiens. Accusés d’avoir tiré sur la foule, ces derniers ont été très critiqués. Des critiques qui ont froissé N’Djamena qui a signifié son agacement de voir les militaires tchadiens accusés de tous les mots.

Acteur-clé de la crise centrafricaine et incontournable puissance régionale, le Tchad est pourtant l’un des principaux fournisseurs de la Misca. Le Tchad est « un pays frère qui a entretenu et continue d’entretenir des liens d’amitié et de fraternité avec la République centrafricaine et qui nous a fortement accompagnés et a payé un lourd tribut dans ce processus », a souligné pour sa part Toussaint Kongo-Doudou. « Nous sommes rassurés que le Tchad continuera à accompagner (la Centrafrique) en tant que partenaire dans le processus de la promotion de la paix et de la stabilité », a-t-il ajouté. « Partageant une longue frontière commune, nous formulons l’espoir que ces relations continueront à se renforcer davantage, dans le respect mutuel et dans l’intérêt de nos populations respectives », a insisté Toussaint Kongo-Doudou.