Centrafrique : jour de vote

Les Centrafricains sont appelés, ce dimanche 27 décembre 2020, à élire leur président de la République et leurs députés, dans un contexte de tension, du fait notamment de la présence de groupes armés, décidés à empêcher ce vote. Ce qui rend difficile le vote de plusieurs milliers de Centrafricains, qui seront en, effet empêchés de se déplacer du fait des violences.

Dans un pays toujours en guerre civile, la menace d’une nouvelle offensive rebelle contre le régime du Président sortant, Faustin-Archange Touadéra, présenté comme favori, est réelle. Et une seule personne est pointée du doigt : l’ancien Président, François Bozizé, accusé de vouloir perpétrer un coup d’Etat dans ce pays encore fragile. C’est d’ailleurs dans ce contexte que le Président sortant avait demandé l’aide de l’armée russe.

L’envoi de quelque trois cents (300) militaires russes, dont le terrain avait déjà été balisé par les éléments des agences de sécurité russes avait été suivi par un déploiement de soldats rwandais, dépêchés par Paul Kagamé, à la suite de l’attaque de Casques bleus rwandais par des rebelles. Des centaines de militaires ont donc été déployés depuis le Rwanda.

Selon le constat fait par l’AFP, de nombreux bureaux à Bangui ont ouvert avec 50 minutes de retard, à cause du retard dans la livraison du matériel électoral. Devant les lieux de vote de la capitale, Bangui, des blindés blancs de la MINUSCA sont visibles, en même temps qu’une présence massive de Casques bleus et soldats centrafricains épaulés par leurs homologues rwandais, qui patrouillent dans tous les quartiers.

Pas moins de 15 candidats sont en lice et certains opposants accusent le chef de l’État de préparer des fraudes massives pour emporter le scrutin dès le premier tour. Ces opposants feront face au Président sortant, Faustin-Archange Touadéra, donné favori par nombre d’observateurs. Malgré la tension perceptible, les bureaux de vote sont ouverts, ce dimanche matin.

La tenue de ces scrutins présidentiel et législatifs est perçue comme un enjeu majeur, car pour le camp présidentiel notamment, « il est hors de question de se plier à la volonté de Bozizé, qui veut empêcher ces élections ».

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