Centrafrique : Déby exhorte l’ONU à mettre les « moyens nécessaires »

Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, Idriss Déby Itno a demandé aux Nations Unies de mettre plus de « moyens » en Centrafrique.

Le Président du Tchad, Idriss Déby Itno, a demandé aux Nations Unies de mettre plus de « moyens » en Centrafrique, lors d’une conférence de presse, tenue ce mardi. Cette organisation est, pour le chef de l’Etat, la seule à même de sécuriser le pays et de le sortir du chaos, malgré la présence sur place de militaires de la MISCA et de soldats français.

Selon le Président tchadien, pour résoudre la crise en Centrafrique, « il faudra plus d’hommes, plus de moyens (…). Et quelle est l’institution qui a les moyens nécessaires pour gérer ce genre de situation ? C’est les Nations Unies. Donc, il ne faut pas tergiverser, il faut aller vers les Nations Unies pour avoir les moyens nécessaires pour tirer la République centrafricaine vers la sortie du chaos actuel », rapporte l’AFP. Idriss Déby est allé plu loin en pointant les carences aussi bien de la MISCA que de l’opération Sangaris. « Quelle que soit leur volonté, les forces françaises et celles de l’Union africaine (UA) ne pourront pas remplir correctement la mission » à cause du manque d’hommes, indique le dirigeant.

Il n’est pas le seul chef d’Etat à souligner une insuffisance du nombre de militaires sur place. Le président du Congo, médiateur dans la crise Centrafricaine, Denis Sassou Nguesso, appelait aussi récemment à un accroissement du nombre d’hommes fournis par la communauté internationale. « Pour avoir une présence dans tout le pays, il faudrait un contingent international d’au moins 10 000 hommes en tout, contre 6 000 actuellement », a-t-il déclaré dans une interview au Figaro du lundi 17 février.

L’ONG Médecins sans frontières (MSF) a elle-aussi appelé à une plus grande mobilisation de l’ONU et à une augmentation des militaires sur place. « L’insuffisance de la réponse internationale actuelle est la preuve accablante de l’abandon pur et simple de la population centrafricaine », a déclaré l’organisation, ce mardi.

La France a décidé vendredi l’envoi de 400 soldats supplémentaires, tandis que l’Union Européenne envisage de doubler les effectifs de sa mission Eufor-RCA, passant de 500 à 1000 hommes. L’ONU qui envisage l’envoi d’une mission de 10 000 Casques bleus sur place devra obtenir le feu vert de l’Union Africaine encore réticente et un vote du Conseil de sécurité.