CEMAC : la libre circulation en question

Lors de la dernière fête de l’indépendance célébrée le 17 août dernier, le Président gabonais est revenu sur la question de la libre circulation des hommes dans l’espace CEMAC, à compter du 1er janvier 2014, répondant aux questions des journalistes. Pour Ali Bongo Ondimba, « il ne faut pas confondre circuler et s’installer ».

(De notre correspondant à Libreville)

Lors du dernier New York Forum Africa organisé au mois de juin à Libreville, les chefs d’Etat de la sous-région d’Afrique ont décidé de mettre en place le principe de la libre circulation des hommes dans cette sous-région du continent, à compter du 1er janvier 2014. Mais cette décision soulève bien des interrogations de la part des Gabonais, jaloux de leur territoire. L’occasion faisant le larron, les journalistes locaux ont profité de l’entretien que leur a accordé Ali Bongo le 17 août dernier, pour lui exprimer les inquiétudes des populations.

« Il ne faut pas confondre circuler et s’installer, ce sont deux choses différentes », a expliqué Ali Bongo. Selon lui, il est évident « qu’il ne s’agit pas de l’immigration clandestine. (…) Un ressortissant d’un pays de la CEMAC peut entrer librement dans notre pays comme nous pouvons aussi entrer librement dans un autre pays de la CEMAC. Selon les textes, le séjour est limité à trois mois. »

Au-delà de cette période de trois mois, tout ressortissant, a ajouté le Président gabonais, devra effectuer les démarches pour prolonger le séjour. « Mais, cela ne veut pas dire que nous mettons de côté tous nos droits. Cela n’a rien à voir. (…) Circuler ne veut pas dire s’installer », a surenchéri Ali Bongo.

Enfin, le Chef de l’Etat a précisé que la libre-circulation des personnes induit une harmonisation de tous les documents d’identité et de transport. « Nous allons veiller à ce que chaque Etat puisse le faire pour avoir des documents infalsifiables. Voilà pourquoi on va tous vers la biométrie pour avoir des documents infalsifiables. »

Les Gabonais jaloux de leur territoire

Pour de nombreux Gabonais, les autorités de Libreville n’auraient pas dû adhérer au principe de la libre circulation des hommes dans l’espace CEMAC. « Le Gabon n’a rien à gagner en ouvrant ses frontières aux ressortissants des pays voisins. Cette décision amènera beaucoup plus de problèmes dans notre société, notamment le grand banditisme et l’insécurité. Je crois qu’il y a une certainement précipitation de la part de nos autorités », a lancé un fonctionnaire gabonais.

Les Gabonais, naturellement sont très jaloux, de leur territoire riche en pétrole et ressources naturelles, tout comme les Equato-guinéens depuis quelques années. La situation économique relativement prospère de ces deux pays d’Afrique centrale a bloqué longtemps le processus d’intégration dans cette sous région. Les autorités de Libreville et Malabo craignent d’être « envahis » par les ressortissants des pays voisins en quête d’emploi et de meilleures conditions de vie. Espérons que les peuples de ces deux pays ne monteront pas au créneau d’ici la fin d’année, afin d’essayer de bloquer le processus d’intégration annoncé par les chefs d’Etat.