Cécilia Sarkozy brise le silence

Cécilia Sarkozy s’est exprimée sur son rôle dans la libération des six soignants bulgares détenus depuis plus de huit ans dans les geôles libyennes. Dans une interview exclusive accordée à L’Est Républicain, elle assure n’avoir offert que des « contreparties médicales » et que le Guide Mouammar Khadafi a saisi l’opportunité de « faire un geste humain susceptible d’améliorer son image ».

Cécilia Sarkozy a enfin donné des précisions sur son rôle dans la libération, le 24 juillet, des cinq infirmières et du médecin bulgares détenus plus de huit ans en Libye pour avoir inoculé le virus du sida à quelque 400 enfants – une accusation que les soignants niaient. Pourquoi la première dame de France sort de la réserve dans laquelle son mari l’a cantonnée lorsqu’il a fermement déclaré qu’elle « ne [ferait] aucune déclaration sur le sujet » ? « Je suis choquée que certains médias utilisent ainsi un drame humain et exploitent la souffrance de femmes, d’enfants et des familles », a-t-elle indiqué au quotidien régional français L’Est Républicain, qui publie ce mardi l’interview exclusive de l’épouse du président Nicolas Sarkozy.

Pièce maîtresse des négociations

Cécilia Sarkozy, qui a notamment oeuvré avec le secrétaire général de l’Elysée et la commissaire européenne aux Relations extérieure, souligne que « ce qui s’est passé lors de ma mission en Libye n’a rien à voir avec des polémiques droite-gauche. Pour ma part, je me suis concentrée sur la libération des infirmières et sur ces enfants qui vivent un enfer depuis 8 ans ». Elle explique avoir « négocié pendant 50 heures avec tous les dirigeants libyens concernés par le dossier » et s’être entretenue avec le Guide libyen Mouammar Khadafi « en anglais et en tête à tête, sans interprète ». « Je pense qu’il a compris qu’avec moi, il pouvait faire un geste humain susceptible d’améliorer son image », a-t-elle ajouté.

Concernant les gages ayant permis la libération des six soignants, elle assure que les accords n’avaient rien de militaire. Une présomption qui avait vu le jour lorsque, quelques jours après leur délivrance, Paris a passé avec Tripoli des accords controversés portant sur la défense et le nucléaire civil. « A mon niveau, il ne s’est agi que de contreparties d’ordre médical, a déclaré Cécilia Sarkozy. J’ai offert à l’hôpital de Benghazi des médecins chargés de former leurs homologues libyens, des équipements, des traitements contre le Sida et des visas rapides pour que des cas urgents puissent venir se faire traiter en France ». Elle ajoute qu’elle entend tenir ses engagements, qu’elle suit « l’évolution de tous les enfants contaminés » et qu’elle n’exclut pas de retourner en Libye « si cela est nécessaire ».

Pas « First Lady », mais « femme et mère »

Pour l’ex-mannequin, il n’était pas question de « jouer le rôle de « First Lady » ». « Moi, je suis arrivée sur place en tant que femme, en tant que mère, sans forcément m’attarder sur la complexité des relations internationales, mais avec la ferme intention de sauver des vies », a confié Cécilia Sarkozy, insistant sur le fait qu’on ne l’« m’empêchera jamais d’essayer d’aider ou de soulager la misère du monde, dans quelque pays que ce soit ».

Si la première dame de France s’est exprimée dans les colonnes de L’Est Républicain pour « faire la lumière », elle refuse toujours une éventuelle comparution devant une commission parlementaire sur les négociations demandée par l’opposition. « Celle-ci n’est pas constituée mais comme cela a été expliqué, je crois que ça n’est pas ma place », a-t-elle conclut.