Casablanca-Dakar : une route très politique

Ou comment le projet de route transsaharienne Casablanca-Nouakchott-Dakar, revêt un intérêt diplomatique de premier plan.

La récente réconciliation entre le Sénégal et la Mauritanie a pris un tour inattendu avec l’annonce d’un projet de route transsaharienne Casablanca – Nouakchott – Dakar, par le président Wade au côté de son homologue mauritanien, Ould Taya.

Ce projet fait suite à la visite de la présidence mauritanienne à Tanger, les 12 et 13 juin. Visite qui a consacré un rapprochement entre le royaume chérifien et son voisin du sud, dont les liens s’étaient relâchés en raison de désaccords au sujet du Sahara occidental.

Les deux nations membres de l’Union du Maghreb Arabe, ont en effet imité Tunis et Tripoli en préparant un accord de libre échange dont  » la mouture finale sera signée avant la fin de l’année par les deux chefs de gouvernement », assure le quotidien Le Matin du Sahara et du Maghreb. Et de proclamer :  » Désormais Nouakchott sait qu’elle a des voisins sur lesquels elle peut compter dans les moments difficiles. A Rabat, on sait que notre voisin du Sud s’engage solennellement à respecter notre intégrité territoriale. »

Reconnaissance de souveraineté

Deux affirmations qui ont trouvé des traductions concrètes, ces derniers temps : d’abord, le souverain Mohamed VI a offert sa médiation pour résoudre le conflit entre la Mauritanie et le Sénégal, ce qui n’a pas été sans conséquences sur le retrait du plan d’irrigation de l’administration Wade.

Ensuite, s’il venait à être concrétisé, ce nouvel axe routier passerait obligatoirement par l’ancien territoire espagnol que le Maroc considère comme sien. De là à interpréter ce projet comme une reconnaissance de la souveraineté marocaine par la Mauritanie et le Sénégal sur le Sahara espagnol…