Cap-Vert: quatre candidats pour un fauteuil

C’est ce dimanche que les Cap-Verdiens choisiront leur nouveau président. Les résultats de ce scrutin sont très ouverts, indécis. Quatre candidats se disputent la magistrature suprême. Zoom sur ces élections.

Quelques 260.000 électeurs cap-verdiens se rendent aux urnes, ce dimanche, pour la deuxième fois en moins d’un mois, pour choisir leur président de la république parmi quatre candidats. Le cinquième candidat, Onesimo Silveira, s’est retiré de la course à deux jours des élections sans donner de consigne de vote. Aux législatives du 14 janvier, les électeurs avaient redonné le pouvoir au Parti africain de l’indépendance du Cap Vert (PAICV, gauche, ancien parti unique), après dix ans de gouvernement libéral.

Doté d’un régime parlementaire, le petit archipel de l’océan Atlantique, indépendant du Portugal depuis 1975, a depuis le 1er février un nouveau gouvernement, dirigé par un nouveau Premier ministre, José Maria Neves, 40 ans.

Quel que soit le résultat de la présidentielle, les Cap-Verdiens auront aussi bientôt un nouveau président de la république, puisque le chef de l’Etat sortant, Antonio Mascarenhas Monteiro, issu du Mouvement pour la démocratie (MPD), parti battu aux législatives, est arrivé au bout de ses deux mandats de cinq ans et ne peut donc plus se représenter.

Indépendants et hommes du sérail

Contrairement à l’élection de 1996, où le président sortant, M. António Mascarenhas Monteiro, a été le seul candidat à sa propre succession, cette fois-ci deux anciens Premiers ministres et deux ex-ministres sont en lice pour occuper le Palais du Plateau à partir de mars prochain.

Le candidat du PAICV est Pedro Pires, 66 ans, qui fut premier ministre de 1975 à 1990. Il espère être porté par la victoire de son parti aux législatives, mais rien n’est gagné d’avance pour lui. Le PAICV, tout en obtenant 40 des 72 sièges à l’Assemblée nationale, n’a recueilli que 47,8 % des voix aux législatives. De plus, Pedro Pires représentant l’ancienne génération du PAICV – de celle du parti unique et marxiste – ses adversaires semblent convaincus que les électeurs y regarderont à deux fois avant de voter pour lui.

Autre candidat porté par une « grosse machine » électorale, Carlos Veiga, 51 ans, premier ministre de 1991 à 2000, représente le MPD et bénéficie encore d’un soutien important, incitant certains analystes à le placer en tête au premier tour.

Face à eux, deux candidats se présentent en « indépendants »: David Hopffer Almada, 55 ans, ancien ministre PAICV, et Jorge Carlos Fonseca, 50 ans, ancien ministre MPD.

Le second tour est prévu le 25 février au cas où aucun des candidats n’obtient la majorité absolue des voix des quelques 260 000 électeurs capverdiens.