Cap Sol ou la réunion musicale afrocaribéenne

L’union fait la force. Le collectif afrocaraïbéen Cap Sol prouve une fois de plus le vieil adage avec une première production qu’il a tout simplement appelée de son nom. D’initiative capverdienne, l’album fait appel à de grands noms de la musique de l’Ile, d’Afrique et de la diaspora.

La sobriété de la pochette pourrait facilement induire en erreur. Mais l’image bleue d’un îlot surmonté de palmiers dans une mer d’huile ne reflète en rien le contenu de l’album Cap Sol du collectif du même nom. Un collectif largement capverdien réunissant de grands nom de la musique de l’île qui a su s’ouvrir à la fois au Continent, avec la présence de l’Ivoirienne Monique Séka, aux Antilles et à la diaspora.

Dirigé par Danilo Taveres, alias Mister D, Cap Sol recèle une force et une saveur qui en convaincront plus d’un. Pour ceux qui ne le connaissent pas, rappelons que Danilo était le leader du légendaire groupe Rabelados. A ceux-là, nous laisserons le loisir de juger sur pièce ses qualités de compositeur à la simple écoute de l’album.

Zouk capverdien, funana

Marre du zouk créole ? Plongez-vous dans celui du Cap-Vert. Une musique aux cadences plus rythmées et plus entraînantes, malgré l’absence des cuivres, que son actuelle consoeur antillaise. D’entrée de jeu, Cap Sol abat son premier as en l’image de Grace Evora. Bien calée dans le tempo, l’artiste s’installe dans la partie pour vous faire danser. Irrésistible.

Loin de nous l’idée de dénigrer le zouk antillais. Il ne s’agit pas ici d’une comparaison mais plutôt d’une réunion. Loin d’être exclusif, Cap Sol tend la main à ses frères d’outre-Atlantique. Et Sabrina, avec la reprise zouk du tube RnB de Missy Elliot, n’est certes pas venue pour faire de la figuration.

Oubliez les mornas de Cesaria Evora, si savoureuses soient-elles. La nouvelle génération capverdienne a plutôt des fourmis dans les jambes. Et Meno Pecha vous entraînera dans un funana endiablé (qui est au zouk capverdien ce que le merengue est à la salsa).

Monique Séka et Stomy Bugsy

Trait d’union entre l’archipel du Cap-Vert et le Continent, la grande Monique Séka n’a pas hésité à poser sur le disque. Les cuivres font ici leur réapparition pour se mettre au service d’un titre qui se fond parfaitement dans l’esprit du collectif. Stomy Bugsy, le rappeur franco-capverdien, n’a quant à lui pas oublié ses racines puisqu’il s’inscrit comme l’un des piliers de Mc Malcriados. Un Bisso na bisso à la capverdienne dont la présence sur Cap Sol marque les débuts officiels. Encourageant.

L’album de Cap Sol offre une belle homogénéité. Autour des deux ou trois tubes potentiels, pas de mauvais titres mais des productions dont les pires restent tout de même tout à fait honnêtes. Pari tenu pour le collectif, ce qui l’obligera sans doute à relever une fois de plus le gant pour le prochain opus. Car il sera sans nul doute attendu au tournant.