Canada : et si on parlait des violences policières sur une femme et ses enfants

Police canadienne (illustration)
Police canadienne (illustration)

Pour des impayés de loyer d’un bâtiment à usage d’habitation, une diplomate sénégalaise et ses enfants ont été violentés par la police canadienne. Et c’est silence radio au niveau des presses les plus bavardes et même des ONG de défense des droits de l’Homme, alors qu’il s’agit d’une femme et d’enfants, notamment de bas âge, qui ont été violentés.

Le traitement fait de l’affaire de la diplomate sénégalaise Oumou Kalsoum Sall Niang mérite un petit coup de projecteur. Car, il s’agit d’une affaire extrêmement grave, qui semble ne concerner que l’Etat sénégalais qui, à travers sa diplomatie, tente de restituer à cette femme sa dignité. Tenez, selon la diplomatie sénégalaise, la conseillère des Affaires étrangères a été menottée et frappée, lors d’une descente de la police canadienne à son domicile situé dans la banlieue d’Ottawa, au Québec.

A la base de cette interpellation musclée, début août, une affaire d’impayés. Pour être plus précis, un loyer que la diplomate devrait à son bailleur, selon la version de la diplomatie sénégalaise. L’intervention, selon Dakar, visait à accompagner un huissier venu notifier à la diplomate une ordonnance d’un tribunal administratif du logement qui condamnait Mme Niang à payer plus de 34 000 euros à son propriétaire pour loyer non payé et dommages au logement.

Dans une note publiée par la diplomatie sénégalaise, samedi 13 août 2022, il a été indiqué que Mme Niang avait subi, depuis le début du bail, des problèmes de chauffage et d’humidité dus à un non-respect des normes de construction et que le propriétaire de la bâtisse s’était montré menaçant à son égard. Exaspérée, la diplomate a finalement décidé de déménager, en octobre 2020. Quelques mois plus tard, poursuit la note, Mme Niang reçoit, par voie d’huissier, une demande de paiement de 43 000 euros devant couvrir les frais de reconstruction de la maison, précise l’AFP.

Par voie d’avocat, Mme Niang a répondu qu’elle ne devait au propriétaire que le loyer du mois d’octobre que le gestionnaire n’avait pas voulu prendre, poursuit l’ambassade qui insiste que «rien dans cette affaire ne peut justifier les violences subies par Mme Niang et ses enfants mineurs». Selon la diplomatie sénégalaise, les allégations contre Mme Niang «trahissent une volonté manifeste de diluer la gravité de l’incident qui porte sur une violation flagrante et grave des dispositions de la convention de Vienne sur les relations diplomatiques».

Un incident que le gouvernement canadien a condamné, le jugeant inacceptable. D’ailleurs, une «enquête a été ordonnée sur les agissements inacceptables des agents de la police», rappelle l’ambassade du Sénégal, non sans regretter les informations relayées par la presse «fondées sur la seule version du bailleur». Pendant ce temps, les autres presses, connues pour être des championnes s’agissant de la défense des droits des femmes et des enfants, sont bouches cousues. Certainement, le traitement de cette affaire allait être autre, si c’était l’inverse qui s’était produit.

Une diplomate canadienne et ses enfants de bas âge violentés au Sénégal ou dans un autre pays d’Afrique. Une affaire qui allait faire la Une de tous les journaux qui se disent grands et crédibles. Certains allaient en faire de véritables choux gras. Surtout si les faits s’étaient déroulés dans un pays comme le Mali. Quid des organismes de défense des droits de l’Homme ? Pour l’heure, le Sénégal semble être l’un des rares pays à «suivre de très près» cette affaire. Il serait inélégant d’occulter cette affaire impliquant une femme et des enfants, sans défense, dont leurs droits, les plus élémentaires, ont été transgressés, par des hommes, en tenue et armés.

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