CAN- Mondial 2010 : la Côte d’Ivoire bat difficilement le Burkina Faso

Le derby ouest-africain a tenu toutes ses promesses. Au terme d’un match épique comptant pour les éliminatoires jumelées CAN-Coupe du monde 2010, les Eléphants ont conforté leur fauteuil de leader, en battant samedi soir à Ouagadougou les Etalons par 3 buts à 2. Avec désormais trois victoires en autant de matchs, ils prennent une option sérieuse pour l’Afrique du Sud.

Notre correspondant au Burkina Faso

Vahid Halilhodzic, le sélectionneur bosniaque de la Côte d’Ivoire, avait prévenu. Pour gagner à Ouaga, il faudra sortir ses tripes et accepter de souffrir. Ses joueurs ne s’y sont pas dérobés. Ils ont souffert le martyr au stade du 4 août et ont gagné. Tout est parti sur des chapeaux de roues dans cette partie. L’entame en fanfare des Etalons est refroidie nette à la 12e minute de jeu. Sur un coup franc côté gauche de la défense burkinabè, Ndri Romaric, feint un centre en profondeur et coulisse la balle en retrait pour Yaya Touré. Le Barcelonais bat sans difficulté Daouda Diakité, le portier burkinabè. Silence de cimetière.

Les Etalons accusent le coup, mais ne tardent pas à réagir. Sur une balle en profondeur, Jonathan Pitroïpa, le génie burkinabè, affole Abdoulaye Méïté, avant de glisser le cuir dans les buts de Copa Barry. 1-1. Le stade exulte ! Jusqu’à la pause, les Burkinabè multiplient les incursions dans une défense ivoirienne, souvent aux abois. Mais la maladresse de Moumouni Dagano aidant, il n’en sera rien. Mi-temps 1-1.

L’expérience ivoirienne a payé

A la reprise, même scénario. Les Etalons débutent pied au plancher. Wilfried Sanou décroche un tir canon que renvoie la barre transversale de Copa Barry. La clameur monte dans les gradins. C’est le tournant du match. Mais les ivoiriens réagissent immédiatement. A à la 53e mn Didier Drogba, jusqu’à la effacé, prend de vitesse la défense burkinabè et contraint Mamadou Tall à l’auto goal. 2-1 pour la Côte d’Ivoire. Dès lors le match change de physionomie. Les Eléphants s’appliquent dans les passes et prennent le contrôle du milieu de terrain. Moumouni Dagano et les siens sont à la rue. Les Burkinabè doutent. Les Ivoiriens en profitent. Ndri Romaric, de loin le meilleur joueur de la rencontre avec le burkinabè Pitroïpa, envoie un missile que renvoie le poteau burkinabè. Didier Drogba, qui traînait là, fusille pour la troisième fois, le malheureux gardien burkinabè. Nous jouons la 70e minute. Il reste 20 minutes à jouer et Paolo Duarté, le sélectionneur burkinabè, ne s’agite sur son banc. Il repositionne son dispositif et lance Aristide Bancé dans la bataille.

Les Etalons poussent alors et contraignent les Eléphants à la défensive. Kolo Touré et Abdoulaye Meïté reculent face aux aussauts répétés de Pitroïpa. A la 77e mn, Aristide Bancé, d’une tête piquée, redonne l’espoir au Burkina. 3-2. Le public burkinabè se réveille et acclame les siens qui pilonnent le camp ivoirien. A 7 mn de la fin, Moumouni Dagano vendange, un coup franc idéalement placé à l’entrée de la surface ivoirienne. Le temps s’écoule. L’égalisation ne vient toujours pas. Il ne reste plus que 3 minutes. Jonathan Pitroïpa, encore lui, s’en va balle aux pieds, passe en revue toute la défense ivoirienne avant d’échouer face à Copa Barry. C’était la dernière grande occasion du Burkina. C’est fini. Ce soir l’expérience des éléphants a eu raison de l’enthousiasme juvénile des Etalons. Là se trouve le fossé qui sépare les deux nations.