Cameroun : un nouveau-né retrouvé dans un sac en plastique à la poubelle


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Bébés
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Malgré la diversité des méthodes contraceptives, l’abandon de nouveau-nés reste un fléau persistant. Entre détresse face à la fuite des responsabilités des partenaires, précarité économique et poids des traditions, des professionnels de la santé, du social et de la religion brisent le tabou, analysent les causes de ces drames et appellent à une prise de conscience collective.

Malgré la disponibilité de nombreuses méthodes de contraception, des femmes (mariées ou non), en majorité des jeunes filles, continuent de jeter les fruits de leurs entrailles dans les poubelles, au bord des routes, dans les broussailles ou dans les fosses septiques. « Pourquoi accepter de tomber enceinte, de porter l’enfant pendant neuf mois, d’accoucher, pour ensuite jeter le nouveau-né ? » Ce sont là des questions qui viennent immédiatement à l’esprit chaque fois que l’on retrouve un bébé abandonné.

Le désespoir face à l’abandon du partenaire

Selon l’assistante sociale Julienne B. : « Lorsqu’une fille tombe amoureuse d’un garçon, elle fait parfois tellement confiance à son partenaire qu’elle occulte les conséquences d’une grossesse. Parfois, elle souhaite même que l’enfant vienne pour renforcer leur union ou pour prouver son amour. Mais si le garçon n’est pas prêt à assumer ses responsabilités, il commence par l’insulter, la violenter, puis prend ses distances. La jeune fille se retrouve alors abandonnée à son propre sort. »

Elle poursuit : « Elle passe son temps à s’inquiéter pour les visites prénatales, la layette, les frais d’hospitalisation, le risque de césarienne, l’achat de la nourriture du nouveau-né, sa scolarisation, son habillement, ses petits bobos… Si elle ne trouve pas de solutions à ces interrogations, elle se sent obligée soit de chercher à expulser le fœtus, soit, par peur de pratiquer un avortement clandestin, d’accoucher pour ensuite emballer le nouveau-né et le déposer n’importe où. »

Des actes condamnables

« Avorter ou abandonner un bébé, d’autant plus que la majorité des nourrissons retrouvés sont malheureusement sans vie, sont des actes condamnables dans notre pays. Chose curieuse, on retrouve également parmi ces personnes des femmes mariées qui ont déjà des enfants. Pour ce cas précis, cela provient souvent du fait que le mari, n’étant plus en activité, se trouve dans l’incapacité de subvenir aux charges familiales. En cas d’abandon de la femme enceinte par son partenaire, qu’elle soit mariée ou non, je lui conseillerais d’accoucher et de confier la garde de son nouveau-né à un orphelinat. En procédant ainsi, elle se met à l’abri des poursuites judiciaires », conclut-elle.

Prévention et contraception

Pour la sage-femme Charlotte N. : « Avant de passer à l’acte avec un garçon, il faut prendre le temps de le connaître. Si l’on ne peut pas s’abstenir jusqu’à ce que les formalités d’usage soient remplies, comme les présentations familiales, la dot et le mariage traditionnel ou religieux, il est alors préférable d’utiliser l’une des méthodes contraceptives disponibles : le préservatif, le coït interrompu, la pilule, l’implant (Norplant), le stérilet, etc. »

Un appel à la conscience et à la vigilance parentale

Selon l’ancien d’Église Paul O. : « Une femme qui avorte ou qui jette un bébé penserait-elle de la même manière si sa propre mère avait posé cet acte ? Serait-elle ce qu’elle est aujourd’hui, qu’elle soit enseignante, journaliste, médecin, maire, gouverneure, ministre ou présidente de la République ? Même un animal a droit à la protection et à la vie. À plus forte raison un être humain, aussi minuscule soit-il. Ces actes doivent être sévèrement punis pour que cessent les cas d’avortement et d’abandon de bébés. »

« Nous sommes en période de grandes vacances. Je conseillerais aux parents, malgré leurs multiples occupations, de veiller sur leurs enfants, et surtout sur les filles. Sinon, à la prochaine rentrée scolaire, elles risquent de se retrouver enceintes, et c’est leur avenir qui prendra un coup sérieux », ajoute-t-il.

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