Cameroun : réquisitoire de l’Eglise contre l’homosexualité le jour de l’Assomption

L’archevêque métropolitain de Yaoundé a une fois de plus condamné l’homosexualité lors de son prêche le jour de l’Assomption. La même condamnation en 2005 avait ouvert la voie à la publication de listes d’homosexuels par une certaine presse et engendré de nombreux procès.

(De notre correspondant)

Victor Tonye Bakot, l’archevêque métropolitain du diocèse de Yaoundé, a encore remis ça. Pendant une bonne partie de son prêche, le mercredi 15 août, jour de l’Assomption, le prélat a sévèrement condamné les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Fustigeant la tendance courante dans les pays occidentaux, et qui prend progressivement corps au Cameroun, l’archevêque de Yaoundé questionne le devenir de la famille.

A l’en croire, l’homosexualité s’oppose à l’idéal de procréation et est un danger pour la cellule familiale, « un affront à la famille, un ennemi de la femme et de la création ». Il soutient que l’Eglise catholique prêche les vertus de tolérance vis-à-vis des personnes homosexuelles, les pédophiles et bien d’autres dépravés de la société. « Mais cela ne signifie pas que la morale catholique cautionne le comportement homosexuel et le style de vie qu’il inspire », relativise le prélat.

Comme en 2005

Victor Tonye Bakot avait déjà, en décembre 2005, condamné l’homosexualité qu’il qualifiait de crime contre la famille et le mariage. Son homélie, une grande première à l’époque, avait suscité des débats au sein de l’opinion publique. De nombreux journaux s’en étaient alors inspirés pour publier une liste de plusieurs personnalités qualifiées d’homosexuelles, dont de nombreux ministres. Plusieurs personnes incriminées avaient alors fait publier des droits de réponse dans de nombreux journaux ou intenté des procès contre les journalistes. Au final, aucun journaliste n’avait été condamné à des peines privatives de liberté.

En 2009, à la faveur d’une manifestation organisée le 14 juillet par l’Eglise catholique pour dénoncer l’article 14 du protocole de Maputo relatif à l’avortement qui avait été ratifié par le Cameroun, les manifestants en avaient également profité pour dénoncer l’homosexualité. Alternatives Cameroun, une association qui défend les droits des homosexuels était alors intervenue pour dénoncer l’amalgame. Elle affirmait alors qu’aucune mention de l’homosexualité n’est faite dans le protocole de Maputo et qu’elle soutenait le droit de la femme africaine à l’avortement.
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Le Rassemblement de la jeunesse Camerounaise (RJC), une association locale, a par ailleurs déjà proposé de consacrer le 21 août de chaque année à la lutte contre l’homosexualité->https://www.afrik.com/article26184.html%5D. Le programme des manifestations, dont le but est de dénoncer et sensibiliser les populations, sur cette pratique a déjà été dévoilé. La loi camerounaise punit d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20.000 (30,4 euros) à 200.000 FCFA (304 euros) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe.

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