Cameroun : quand l’ONU se mêle de l’affaire Atangana

Depuis début novembre dernier, le Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a réclamé la libération du Franco-camerounais Thierry Michel Atangana, incarcéré depuis 1997 pour détournement de fonds.

Voilà depuis 1997 que le franco-camerounais Thierry Michel Atangana est incarcéré au Cameroun pour détournement de fonds. Il a déjà été condamné deux fois à quinze ans et vingt ans par la justice camerounaise. Mais depuis novembre dernier, le Haut commissariat de l’ONU a décidé de se pencher sur son dossier de plus près. L’organisation onusienne a en effet réclamé au Cameroun sa libération, recommandant également au gouvernement camerounais de lui verser une indemnisation. Selon le Haut commissariat de l’ONU, Michel Atangana est « incarcéré dans des conditions inhumaines, et a été jugé deux fois pour les mêmes faits ».

La descente aux enfers de Thierry Michel Atangana a débuté dans les années 80, lorsque Titus Edzoa, ex-secrétaire général à la présidence camerounaise, était l’un des personnages les plus puissants du régime de Paul Biya. Seulement, il avait brusquement remis sa démission en avril 1997, annonçant dans la foulée sa candidature à la Présidentielle. A peine en lice pour le fauteuil présidentiel, qu’il est interpellé quelques jours plus tard. De son côté, Michel Atangana, présenté comme le futur directeur de campagne de Titus Edzoa, même s’il ne l’a jamais confirmé, avait été envoyé au Cameroun en 1994 par le groupe français Jean Lefebvre qui l’employait pour des projets routiers. Il était alors chargé de la direction d’une structure de travaux publics.

Bien qu’il aient toujours clamé leur innocence les deux hommes ont tous deux été incarcérés pour détournements de fonds. Tout comme le Haut commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU, leurs proches réclament leur libération. Mais les autorités camerounaises campent sur leurs positions.