Cameroun : les petits hauts sexy bientôt interdits

Le maire et le sous-préfet de la commune camerounaise d’Abong-Mbang ont décidé de faire la guerre aux petits hauts sexy des jeunes filles, afin de faire reculer la prostitution. Dans cette même optique, il est prévu de fermer certains débits de boisson à 20h.

Certains les appellent les DVD : dos et ventre dehors. Bientôt, à Abong-Mbang, chef-lieu du département de Haut-Niang, ces petits hauts sexy pourraient bien disparaître de la circulation. Il y a environ trois semaines, le maire et le sous-préfet d’Abong-Mbang, ainsi que le corps enseignant et l’organisation non gouvernementale allemande GTZ se sont rassemblés pour une réunion de concertation. Objectif : trouver comment faire reculer la prostitution, qui augmenterait chez les jeunes filles, scolarisées ou non.

« Il faut vraiment taper du poing sur la table »

« Quand les jeunes se baladent avec de courtes jupes ou robes, cela provoque les incitations des uns et des autres, confie pudiquement Gustave Moamosse Sakandela, le maire. On a constaté que le nombre de petites filles qui se baladent pratiquement nues est très élevé. C’est vraiment terrible ce qui se passe ici, il faut vraiment taper du poing sur la table pour que les activités de prostitution cessent. » Lorsqu’on lui demande comment l’interdiction des tops qui révèlent des décolletés plongeants et dévoilent des ventres plus ou moins généreux peut juguler le plus vieux métier du monde, Gustave Moamosse Sakandela explique : « Dans la journée, ces filles que l’on croise vêtues légèrement la journée sont les mêmes que l’on retrouve dans les petites salles non-offcielles des quartiers où les jeunes se retrouvent et se livrent à des activités qui tendent vers la prostitution ou la pornographie ».

Cela fait un moment que le maire et le sous-préfet voulaient s’attaquer au problème qui, selon le Gustave Moamosse Sakandela, est majoritairement le fruit de la pauvreté. Cette fois, le processus est enclenché. La mesure n’est pas encore appliquée, mais une autre réunion, qui devrait aussi compter des parents, est bientôt prévue. Mais les bases du plan de lutte contre la prostitution sont d’ores et déjà jetées. Certains débits de boissons fermeront leurs portes dès 20h, comme le prévoient leur licence. « C’est parce qu’on les a laissés ouvrir jusqu’à minuit et qu’ils n’étaient pas réprimés qu’ils ont continué », confie Gustave Moamosse Sakandela, précisant que les choses vont changer. Les boîtes de nuit sont aussi menacées, sur proposition de la GTZ, ajoute-il.

La sensibilisation avant la répression

Autre mesure envisagée, la sensibilisation. Des émissions radio « décrieront ce qui est néfaste, responsabiliseront toute cette génération et interpelleront les parents. Nous comptons aussi élaborer et dispatcher des documents dans les établissements scolaires. Et pourquoi pas réduire les frais de scolarité pour les filles pour qu’elles ne se prostituent plus pour étudier », précise le maire. Si le message ne passe pas, ce sera le bâton. « Si on vous croise en route toutes fesses dehors, on vous mets au gnouf ! lance Gustave Moamosse Sakandela. Mais avant cela, on essayera d’intimider la personne en la gardant deux ou trois heures en cellule. Elle ne pourra que prendre la menace au sérieux. Si ça continue, il faudra aviser… »

Et les clients dans tout ça ? Gustave Moamosse Sakandela estime que c’est plus dur de s’occuper d’eux que des jeunes filles. Pour lui, si elles arrêtent la prostitution, la prostitution s’arrêtera.