Cameroun : Les cadres des services publics africains francophones se sont réunis à Yaoundé

Le Centre de Recherche en Économie et Gestion (CEREG) a organisé du 16 au 19 juillet 2019 un atelier de formation sur le suivi-évaluation des politiques d’emploi des jeunes en Afrique francophone.

Cette session de formation de cinq jours, destinée aux cadres des services publics d’emplois (SPE) aux méthodes de suivi-évaluation des politiques et programmes d’emploi des jeunes en Afrique francophone, a bénéficié du partenariat du ministère camerounais de l’Emploi, de la Coopération canadienne et du Centre de recherche pour le développement international (CRDI). L’atelier ouvert le 15 juillet 2019 à Yaoundé a regroupé près de 40 cadres des services publics d’emplois du Cameroun, du Tchad, du Congo, du Sénégal et de la Côte d’Ivoire, ainsi que quatre groupes de formateurs.

Selon les organisateurs, l’objectif de cet atelier était de doter «les cadres des SPE (services publics d’emplois) des outils adéquats pour un meilleur suivi des activités d’intermédiation d’emploi et de réalisation de l’objectif de réduction du chômage des jeunes, dans une démarche sensible aux contraintes spécifiques auxquelles font face des composantes spécifiques de la jeunesse (jeunes femmes, personnes handicapées, etc.)».

Depuis les indépendances, les marchés du travail et les politiques économiques qui les accompagnent ont progressivement muté dans les pays situés au Sud du Sahara. Ainsi, avant les crises des années 80, face à un marché du travail principalement agricole, l’Etat, par ses engagements multiples dans les secteurs productifs, apparait comme le principal demandeur d’emploi. De manière spécifique, durant cette période, la principale politique d’emploi de ces Etats consistait à assurer la formation des cadres pour l’administration publique, les entreprises publiques et les grandes entreprises privées généralement succursales des firmes multinationales. Les décennies 80 et 90 ont mis en évidence les limites de ce modèle dans un contexte de crise économique. Pendant cette période, les Etats, sous ajustement structurel, se sont désengagé des activités productrices et réduit leurs dépenses à travers un ensemble de mesures qui restructurent le marché du travail. Ces mesures sur le marché du travail ont consisté : au gel des recrutements, à la baisse des salaires, à une réduction des effectifs, à la fermeture des entreprises publiques ou à leur privatisation. Ces politiques se sont accompagnées dans la majorité des pays d’Afrique au Sud du Sahara d’une montée du chômage, notamment celui des diplômés.

Deux réponses venant de l’administration publique ont été données, souvent de manière simultanée. Dans un premier temps, les Etats africains ont reformé leur marché du travail à travers les politiques de flexibilisation et par conséquent la vulgarisation des contrats précaires. Dans un second temps, ces Etats se sont principalement appuyés sur des politiques actives pour améliorer les résultats du marché du travail et les indicateurs sociaux à partir du milieu des années 90. Ces politiques consistent généralement à élaborer et mettre en œuvre un ensemble de stratégies dont le but ultime est d’améliorer le volume et la qualité des emplois. Dans cette optique, des appuis sont généralement fournis aux acteurs du marché du travail.