Cameroun : la presse francophone s’intéresse à l’écologie forestière

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Sur la demande de l’Union des Journalistes de la section camerounaise de l’Union de la Presse Francophone (UPF), le Programme Forêt du WWF en Afrique Centrale a organisé du 08 au 09 décembre 2016 à l’Hôtel Vallée des Princes de Douala, une formation au profit des membres de cette association. La formation était focalisée sur le reportage sur la gestion durable et la gouvernance forestière.

L’Union de la Presse francophone compte plusieurs centaines de membres dans le monde entier. Forte de son implantation au Cameroun, elle souhaite contribuer à la sensibilisation des populations sur l’exploitation illégale des forêts et la destruction de l’environnement. Le besoin de formation et d’information sur la gestion durable et la gouvernance forestière est de plus en plus pressant, compte tenu de l’écosystème en pleine dégradation dans les régions aux grands massifs forestiers telles que l’Est, le Sud et le Sud-Ouest du Cameroun. Les formations vont permettre le renforcement des capacités des hommes et femmes de médias afin de faire de la protection de la nature une affaire de tous.

L’exploitation forestière est une source importante de revenus pour l’économie Camerounaise après l’agriculture et le pétrole. Dans son engagement pour devenir un pays émergent à l’horizon 2035, le Gouvernement Camerounais a souhaité ouvrir le potentiel du développement économique et social du pays. Un accent est donc mis sur les industries extractives (forêts, mines, l’exploitation du pétrole et du gaz), les infrastructures de développement et les grandes industries agricoles.

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Cette ambition du Gouvernement Camerounais génère beaucoup d’intérêt des investisseurs et des entreprises qui cherchent à étendre leurs activités d’exploitation forestière, minières et agricoles dans le pays. Le secteur forestier est parmi les secteurs susceptibles d’être plus touchés par ces évolutions. La loi forestière de 1994 et son décret d’application de 1995 a réservé la part belle à la gestion durable des forêts. Dès lors plusieurs mesures ont été prises pour entériner les principes de la gestion durable dans l’exploitation des forêts au Cameroun.

Les sociétés forestières ont désormais des cahiers des charges précis et sont appelées à les respecter. L’introduction du processus de la certification FSC (Forest Stewardship Council) à partir de l’année 2003 au Cameroun a contribué à promouvoir la prise en compte des aspects sociaux dans la gestion durable et le renforcement de la gouvernance et la transparence dans ce secteur. A cette même période les communes avaient commencé à bénéficier de redevances forestières. La même année (2003), l’Union Européenne lançait l’Accord de Partenariat Volontaire relatif à l’application des réglementations forestières, la gouvernance et les échanges commerciaux du bois et produits dérivés (APV-FLEGT) qui visait l’amélioration de la gouvernance forestière.

L’APV FLEGT visait la création d’un cadre d’investissement attrayant afin d’entraîner l’implication de toutes les parties prenantes (dont le secteur privé, la société civile et les communautés locales) dans la gestion des forêts. Pourtant malgré la disponibilité de ces outils, l’exploitation illégale du bois persiste dans les concessions forestières et les forêts communautaires.

Il n’y a pas de doute que les médias ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre l’exploitation forestière illégale et la construction de sociétés bien gouvernées qui aspirent à élever le niveau de vie de leurs citoyens. A travers les articles de presse, des émissions radio et TV, les médias peuvent aider les décideurs politiques à prendre des décisions justes, exposer et sanctionner les individus ou des sociétés coupables de l’exploitation frauduleuse de bois, mais aussi informer les citoyens qui en retour exerceront une pression sur les décideurs et les entreprises afin qu’elles se conforment aux législations appropriées et adoptent des bonnes pratiques connues.

Pour que les médias jouent effectivement leur rôle de surveillance, ils doivent avoir la capacité nécessaire pour entreprendre l’analyse et l’explication des faits de manière éclairée, par une observation judicieuse et de haute qualité et des efforts d’enquête. Malgré le fait que les médias peuvent d’eux-mêmes prendre en charge cette mission, il est important pour eux de comprendre les aspects techniques et de fournir les outils appropriés et normes applicables sur cette thématique. Une maîtrise de ces outils et normes contribuera à accroître les compétences de reportage des journalistes de l’UPF qui seront désormais capables d’assurer la transparence, la bonne gouvernance et la gestion durable des forêts. Telle était en tout cas l’ambition de ces journées de formation auxquelles la section camerounaise de l’UPF a convié ses membres !