Cameroun : la grève de la faim des docteurs recalés se poursuit

Médecins en grève, image d'illustration

Près de 150 universitaires titulaires d’un doctorat PHD observent une grève de la faim illimitée. A l’origine de ce mouvement qui a commencé mi-décembre 2019, la non présence de leurs noms sur la liste des retenus publiée par le ministre de l’Enseignement supérieur. Sans en vouloir à qui que ce soit, ils demandent juste que leurs noms soient ajoutés à la liste additive.

Pour eux, leur réintégration dans la liste des retenus est possible à condition que l’on opère un toilettage de la liste publiée chargée d’un certain nombre d’irrégularités. Plusieurs parmi eux disent ne pouvoir attendre la deuxième phase de ce recrutement spécial ordonné par le chef de l’Etat visant 2000 docteurs / PHD sans emploi programmé en janvier. La raison évoquée tient au fait que plusieurs seront, en fin d’année 2019, frappés par la limite d’âge et que si rien n’est fait pour eux en mode urgence, ils auraient perdu la seule opportunité qui s’est présentée à eux.

« Il ne s’agit pas pour nous de faire un bras de fer avec le gouvernement, ni de ternir l’image du chef de l’Etat ou de notre pays. Nous souhaitons que nos dirigeants ajoutent nos noms sur la liste additive. Sinon, nous sommes appelés à regagner le quartier. Voyez-vous ? Après tant d’années d’études, l’on vous demande de retrouver le quartier pour ne rien faire. Etre oisif tout comme celui qui n’a pas voulu fréquenter ? Non ! Ça ne donne pas bonne impression surtout pour nos jeunes frères qui demain nous demanderons, ce à quoi a servi notre endurance, notre persévérance pour être en fin docteurs », a laissé entendre docteur Adama, l’un des recalés.

« Nous demandons qu’on publie une liste additive avec les noms de ceux qui ont été injustement recalés. Mais, face à cette doléance, le ministre a dit qu’il ne pouvait pas à son niveau donner une solution », explique-t-on au sein de ce groupe de 200 personnes.
Jacques Fame Ndongo exige qu’ils recommencent le processus de candidature. Ce à quoi s’exposent les docteurs, arguant qu’ils ont déjà suivi toutes les étapes requises pour l’opération.

Toutes ces entorses et irrégularités ayant émaillé le processus de recrutement, laissent transparaître le constat d’une grossière injustice à l’égard des jeunes camerounais sans emploi devant bénéficier gracieusement du Chef de l’État d’être recrutés dans le cadre de l’opération spéciale de recrutement.

A la demande du MINESUP de lever le mot d’ordre de grève, les docteurs recalés répondent que seule une liste additive est salutaire à cette levée. Entre temps les docteurs PHD recalés continuent leur sit-in pacifique, en ce début 2020 au MINESUP.