Cameroun: la diaspora appelle au boycott de l’élection présidentielle

De nombreuses organisations de la diaspora camerounaise appellent au boycott actif de la prochaine élection présidentielle dans leur pays. Elles dénoncent le flou qui entoure la décision de Yaoundé d’accorder le droit de vote au Camerounais de l’étranger. Texte intégral.

PLATE-FORME DE LA DIASPORA CAMEROUNAISE
pour le REFUS de la mascarade électorale en préparation au Cameroun et pour le BOYCOTT ACTIF du processus électoral
APPEL AU BOYCOTT ACTIF DE LA MASCARADE ELECTORALE
EN COURS DANS LES AMBASSADES DU CAMEROUN

A propos de la mascarade actuellement en cours dans les ambassades du Cameroun, qui tentent « d’organiser » en moins de 4 semaines, périodes de recours comprises, l’inscription et la remise des
cartes d’électeurs pour au moins 4 millions de Camerounais de la Diaspora, selon les chiffres officiels
de M. Eyebe Ayissi, Ministre des Affaires Etrangères du régime dictatorial de Yaoundé :

Considérant l’empressement du régime dictatorial RDPC de M. Paul Barthélemy Biya à
adopter un décret d’application du « droit de vote des Camerounais de la diaspora » qui confie
l’organisation des élections aux ambassades du Cameroun, antichambres notoires du RDPC, où les
ambassadeurs ne peuvent qu’assurer la victoire par tous les moyens de celui qui les nomme ;

Considérant qu’en plus des tares et insuffisances déjà largement dénoncées d’ELECAM, cet
organe a été privé du droit de proclamer les résultats, même provisoires, des élections ;

Considérant la volonté obstinée de Paul Biya d’exclure des millions de Camerounais de la
diaspora du processus électoral par son refus de leur accorder la double nationalité, démontrant par
cet ostracisme délibéré que le fossé entre les Camerounais de la diaspora et le régime oppresseur
en place au Cameroun est très profond ;

Considérant que le nombre limité de bureaux de votes dans la diaspora oblige nos
compatriotes de l’étranger à parcourir des milliers de kilomètres pour se faire enrôler sur les listes
électorales et ensuite revenir voter ;

Considérant que les ambassades exigent pour l’inscription sur les listes électorales, une
« carte de séjour en cours de validité dans leur pays d’accueil », excluant de fait les milliers de nos
compatriotes « sans papiers»;

Considérant que le processus d’inscription sur les listes électorales dans la diaspora prend
des allures de « fichage policier» par la longue fiche d’informations qu’il faut remplir auprès des
ambassades et postes consulaires ;

Considérant que la majorité des membres des « commissions électorales » installées dans
les ambassades sont des membres du RDPC et/ou des membres du personnel diplomatique,
confortant la conviction que les élections organisées par les ambassadeurs du Cameroun sont
gagnées d’avance par Paul Biya ;

Considérant l’impossibilité d’informer équitablement, en si peu de temps, tous les électeurs
potentiels de la diaspora des conditions d’inscription sur les listes électorales, avec comme corollaire
que l’information est préférentiellement tournée vers les militants du RDPC ;

Considérant que, malgré les protestations légitimes du peuple camerounais et malgré toutes
les réserves émises par les organisations et personnalités politiques sérieuses sur la neutralité et
l’indépendance de cet organe corrompu et anti-démocratique, le dictateur et son régime continuent
leur fuite en avant avec ELECAM ;

Considérant que ELECAM, avec le traitement salarial ministériel des membres, est un organe
clairement sous le contrôle du RDPC et de l’administration RDPC (y compris ses ambassades à
l’étranger), et que, par conséquent, ELECAM n’a rien d’un organe indépendant ;

Considérant l’instrumentalisation par l’autocrate Biya de certains partis et personnalités
politiques pour apporter leur caution aux fraudes qui se préparent ;

Considérant que toutes les élections qui se sont déroulées au Cameroun depuis 1990 ont été
organisées pour maintenir le dictateur Paul Biya au pouvoir ;

Considérant les appels répétés du peuple Camerounais et des partenaires du Cameroun pour
l’organisation des élections libres et transparentes par un organe réellement indépendant ;

Considérant qu’en massacrant en février 2008 plus de 150 jeunes qui étaient descendus
massivement dans les rues pour protester contre son tripatouillage constitutionnel, M. Paul
Barthélemy Biya a clairement démontré qu’il n’a aucune intention de quitter le pouvoir ;
Nous, Organisations et personnalités camerounaises de la Diaspora, signataires de la
présente Déclaration et prenant les Camerounais à témoin,

Déclarons solennellement notre hostilité à toute élection organisée au Cameroun et dans sa
diaspora par ELECAM, un organisme partial et partisan au service du régime corrompu au pouvoir.
Appelons en conséquence tous les patriotes camerounais de la diaspora et de l’intérieur à
empêcher, par tous les moyens, les inscriptions sur les listes électorales et la tenue d’élections
mascarades qui auraient pour seul but la reconduction de Paul Barthélemy Biya et son régime ;

Dénonçons avec énergie la main mise des ambassadeurs du Cameroun sur l’organisation
des élections et appelons tous les Camerounais de la diaspora en capacité de voter, en signe de
protestation contre les conditions électorales anti-démocratiques en vigueur, à boycotter
massivement les inscriptions sur les listes électorales partout dans le monde ;

Dénonçons l’exclusion des millions de Camerounais de la diaspora du processus électoral du
simple fait qu’ils ont pris la nationalité de leurs pays de résidence, alors que la majorité des pays
africains donne le même droit a leurs citoyens dans les mêmes conditions ;

Appelons tous les Camerounais de la diaspora au boycott actif de cette mascarade électorale,
en posant tout acte pertinent de leur choix ou en participant à toute action pertinente ayant pour
objectif de dénoncer et/ou d’empêcher toute opération de cette mascarade électorale.

Dénonçons le financement d’ELECAM et les salaires de ses membres, grassement payés par
l’argent du contribuable camerounais, et qui ne peuvent scier une branche sur laquelle ils sont assis ;
Estimons les protestations du Peuple Camerounais contre ELECAM fondées, et encourageons ce Peuple à stopper, par tous les moyens en sa possession, la comédie ubuesque
que Paul Biya s’apprête encore à lui servir après 30 ans de gabegie ;
Affirmons que ELECAM est inféodé au régime RDPC, incapable d’organiser une élection libre
et transparente, et porte les risques d’une instabilité durable au Cameroun, comme en Egypte et en
Tunisie ;

Réaffirmons que seule une véritable Commission Electorale Nationale Indépendante des
partis et de l’administration doit organiser tout le processus électoral depuis l’inscription sur les listes
électorales jusqu’à la proclamation des résultats ;

Appelons les amis du Cameroun qui s’inquiètent des risques d’instabilité inhérente aux
élections, à utiliser tous les moyens de pression pour persuader Paul Biya de quitter le pouvoir, ou de
créer des conditions d’une alternative pacifique au Cameroun ;
Appelons les partis et personnalités politiques qui comptent crédibiliser cette farce électorale
par leur participation, à renoncer à cette position et à rejoindre le camp du peuple qui s’abstient en
signe d’opposition à cette mascarade ;
Affirmons avec sérénité que nous ferons tout notre possible pour empêcher l’exportation de la
fraude électorale par M. Biya au coeur des démocraties occidentales.

Appelons nos compatriotes de la diaspora et de l’intérieur à se tenir prêt á répondre à l’appel
pour la libération de notre pays du joug du régime néocolonial au pouvoir.

L’heure de la libération de notre pays a sonné.

Fait le 17 août 2011

Signataires :

Pour le Collectif des Organisations démocratiques des Camerounais de la Diaspora (CODE) :

Brice NITCHEU, Angleterre

Moise ESSOH, Belgique

Pour le Conseil national pour la Resistance Mouvement Umnyobiste (CNR – MUN)

M. Guillaume Tene SOP, Allemagne

Pour Cameroon Diaspora for Change (CAMDIAC)

M. Jean Bosco TAGNE

Pour le Cercle Félix Moumié (CFM)

M. Patrice NDJOUMI, Belgique

Pour le Demokratisches Netzwerk für Kamerun (DNK)

M. Jean Robert WANKO, Allemagne

Personnalité politique, engagée dans la refondation du Cameroun :

Dr. GUERANDI MBARA, Afrique

Pour Front pour l’Evolution et la République (FER)

M. Guy Simon NGAKAM, Belgique

Pour le Front Panafricain (FP)

M. Robert WAFFO WANTO, France

Pour l’Union des Populations du Cameroun (UPC)

M. René EMEH ELONG, France