Cameroun : la CEMAC en conclave à Yaoundé

Après les pays d’Afrique de l’Ouest, c’était le tour de l’Afrique Centrale de questionner la pertinence d’une monnaie aux réserves de change déposées en France et convertible en euro, présentée par certains comme « héritée de la colonisation ». « Les présentes assises nous donnent à nouveau l’occasion d’échanger et d’arrêter des mesures complémentaires pouvant consolider le redressement économique de notre sous-région », a déclaré Paul Biya.

Le sommet de Yaoundé, qui n’a duré que deux jours, était consacré notamment à la situation économique des pays de la CEMAC que sont le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad. Dans un dossier de presse transmis aux journalistes, la Présidence camerounaise a indiqué que l’avenir du franc CFA faisait aussi partie des thèmes inscrits à l’ordre du jour des travaux des chefs d’Etat qui s’étaient déroulés à huis clos.

« La monnaie héritée de la colonisation (le franc CFA) divise les économistes et les chefs d’Etat de la zone Franc», a écrit la présidence camerounaise. Cette monnaie « est présentée par de nombreux experts en finances comme un frein au développement », a-t-elle ajouté. « Ceux qui sont pour le maintien du franc CFA avancent l’argument de la stabilité qu’offre cette monnaie face aux spéculations », a poursuivi la Présidence camerounaise, sans préciser quelle était la position du Cameroun.

Cinq chefs d’Etat sur les six que compte la CEMAC avaient pris part au sommet de Yaoundé. Il s’agit du Centrafricain Faustin-Archange Touadéra, du Congolais Denis Sassou Nguesso, de l’Equato-Guinéen Teodoro Obiang Nguema Mbasogo et du Tchadien Idriss Déby Itno et du Camerounais Paul Biya. Le Président gabonais, Ali Bongo Ondimba, était représenté par son Premier ministre, Julien Nkoghe Bekalé.

C’était une retrouvaille pour les Présidents des Etats de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), quatre ans après le dernier sommet d’une telle envergure, à Yaoundé.  Sauf que cette fois-ci, il y avait urgence : l’avenir de la sous-région Afrique Centrale, notamment l’équation sortir du franc CFA ou non. Un sujet digne d’intérêt pour améliorer le climat des affaires dans cette communauté qui tarde à trouver un chemin harmonieux pour son développement socioéconomique. C’est dans ce sens que les sujets tels : les accords avec le FMI et la réforme du franc CFA, les problèmes d’insécurité et le chômage des jeunes, avaient été abordés.

Et au terme de cette rencontre, 16 résolutions ont été adoptées.