Cameroun, Jules Mbessang : « Ensemble, nous ferons de grandes choses !»

Monsieur Amos Jules Mbessang a été présenté au Sous-préfet de l’arrondissement de Douala 5ème lors de sa deuxième descente au quartier Cacao-Barry. A travers cette descente, il fallait procéder au remplacement de S.M. Mbena Nonga Jean Claude, ancien chef de ce quartier rappelé à Dieu le 6 septembre 2017 et inhumé le 14 octobre 2017.

A l’issue de cette rencontre qui a mobilisé des foules, Afrik.com n’a pas hésité pour se rapprocher de celui qui va désormais présider aux destinées des populations de ce quartier cosmopolite du département du Wouri, Région du Littoral.

Afrik.com : Qui est Amos Jules Mbessang ?

Jules Mbessang : Mbessang Amos Jules est un Camerounais originaire de la Région du Littoral, département de la Sanaga-Maritime, arrondissement de Massok – Songloulou. Retraité de la RNFC (Régie nationale des chemins de fer du Cameroun) et à un moment Opérateur Economique et actuellement Chef du quartier Cacao-Barry.

Afrik.com : Le 20 février 2019, lors de la tournée du Sous-préfet de Douala 5 au quartier Cacao-Barry, vous avez été désigné « nouveau » chef de ce quartier. Qu’est-ce qui selon vous aurait milité en votre faveur ?

Jules Mbessang : La confiance que les populations ont toujours mis en moi, mon sens des relations entre voisins, ma présence permanente auprès des uns et des autres en cas de joie  et de malheur, ma capacité de me mettre à l’écoute et aider les uns et les autres à résoudre leurs problèmes sur le plan moral, spirituel, matériel et parfois financier.

Afrik.com : Aussitôt désigné, vous devez commencer le travail. Alors, quels seront vos premiers chantiers ?

Jules Mbessang : Comme je l’ai dit le jour de la désignation devant toutes les populations, nous mettrons l’accent sur les problèmes d’hygiène, de salubrité et de la sécurité du quartier.

Afrik.com : Pouvez-vous nous présenter les aspects historiques, géographiques, démographiques, administratifs et socio-culturels du quartier Cacao-Barry, dont vous aurez désormais la charge ?

Jules Mbessang :

Sur le plan historique :

Le quartier Cacao-Barry est né en 1966 après le transfert de la Léproserie à Japoma. Les parcelles de terrains étaient distribuées aux allogènes par les autochtones Bassa.

A cette époque, chaque concession devait leur verser une contribution mensuelle. Cette opération n’a duré que deux ans puisqu’au mois d’août 1968, un arrêté préfectoral déclara ce terrain d’utilité publique.

Le 02 Juillet 1977, l’arrêté N° 21/MINFI attribua ce terrain à M. Ebongue Hubert à titre d’indemnisation pour son terrain pris pour l’agrandissement du port de Douala. Eventuellement le gouvernement croyait que cet espace n’était qu’une vaste forêt. Les requêtes adressées au Ministère des Finances et après vérification ont abouti à la naissance de l’arrêté N° 400/MINFI du 24 Octobre 1977 modifiant l’arrêté N° 21/MINFI du 02 Juillet 1977. Le Gouvernement attribua à M. Ebongue un terrain vide dans la zone industrielle de Bassa.

A partir de ce moment, les habitants et leur 1er Chef du quartier le nommé Ndjock Bata Philippe décédé en Septembre 2004 furent rassurés et adressèrent leurs sincères remerciements au Gouvernement.

Ayant constaté la vacance à ce poste en 2004 après la disparition du 1er Chef, les populations ont porté leur choix sur le feu chef S.M. Mbena Nonga Jean Claude.

Sur le plan géographique :

Cacao-Barry est un quartier de Ndoghem I, limité :

Au Nord par le Grand Bepanda

Au Sud par l’Université de Douala

A l’Est par le quartier Maturité

A l’Ouest par les quartiers Cité Sic et Gentil le long d’un bras du drain de Tongo Bassa derrière l’usine Sic Cacaos.

Sur le plan démographique :

Notre quartier compte environ 4500 âmes, constituées de presque toutes les ethnies et des étrangers.

L’un des grands défis relevé ces dernières années dans notre quartier était le grand banditisme. Dieu merci ! La franche collaboration entre les populations de ce quartier et les Forces de maintien de l’ordre a permis de remettre les pendules à l’heure. Je profite de cette tribune pour leur présenter mes vifs et sincères remerciements.

En effet, probablement ici, mieux qu’ailleurs, les populations venant d’horizons divers, cohabitent pacifiquement, et je peux l’affirmer, sont engagées dans un destin commun : celui de faire de la ville de Douala, une métropole économique moderne ; épicentre d’un Cameroun émergent.

Ce sont ces réalités, solides et concrètes, si chères au président de la République S.E. Paul Biya, que nous avons le devoir de préserver car, elles contribuent à consolider les fondements de la République.

Sur le plan administratif :

Par arrêté préfectoral N°438/AP/019/BASC portant création des chefferies de 3ème degré dans le Département du Wouri, Province du Littoral à l’époque et en application des articles 2 , 3 et 7 du décret N° 77/245 du 15 Juillet 1977, Cacao-Barry jouit d’une chefferie de 3ème degré composée ainsi qu’il suit :

  • d’un chef de quartier de 3ème degré ;
  • de 08 chefs de blocs ;
  • et d’un conseil de chefferie

Sur le plan politique et socio-culturel :

Notre quartier est composé de trois principaux partis politiques. Le RDPC, l’UPC et le SDF. Nous avons un Comité de Développement, un Comité d’hygiène, un Comité de vigilance en restructuration, plusieurs associations de familles, de jeunes et de femmes (Association Essayons, Association Dames Quartier, le Cadecab, AJAUF, Association Pro Family, les Vétérans, Association Babimbi, Association Haut-Nkam, et Association des Jeunes pour le Développement de la Solidarité).

Par notre propre dynamisme, nous avons réussi à créer : un centre de santé, une maison de la communication, une école primaire et maternelle bilingue (FOGHA Nursery and Primary School), établi l’éclairage public sur l’axe central et quelques points sombres du quartier, pour ne citer que ceux-là.

Actuellement, notre quartier est à 80% jeune, jeunes sans emplois et démunis.

Notre quartier bénéficie en outre du ramassage régulier des ordures ménagères par la Société HYSACAM.

Des vaccinations des enfants de 0 à 05 ans et des femmes enceintes contre diverses endémies, de la distribution des moustiquaires imprégnées pour lutter contre le paludisme par le District de Santé de Deido à travers l’aire de santé N°11 de la Cité Sic.

Afrik.com : Comment trouvez-vous la confiance des vaillantes populations de ce quartier cosmopolite placée en vous ?

Jules Mbessang : Le résultat des urnes et l’affluence des populations aux élections montrent effectivement la confiance que le quartier met en moi, sans oublier l’espoir d’une vie meilleure.

Afrik.com : Qu’attendez de vos populations, sans oublier vos proches collaborateurs que sont les chefs de bloc ?  

Jules Mbessang : Ce que j’attends des populations de ce quartier est que tout le monde mette la main dans la pâte pour un développement meilleur. Comme l’a dit à l’époque le feu Président Amadou Ahidjo, je cite : « Il n’y a pas de développement rapide sans la volonté du peuple, sans la participation de tous et de chaque citoyen à l’effort national de progrès. »

Pour l’instant il y a sept chefs de bloc, un étant décédé l’année dernière.

Afrik.com : Peut-on avoir une idée sur la date de votre installation ?

Jules Mbessang : Pour la date de mon installation, cela dépend de l’Administration et nous ne pouvons la prévoir qu’après obtention de l’arrêté Préfectoral confirmant ma désignation.