Cameroun et Centrafrique : relations diplomatiques fragiles

L’assassinat d’un policier camerounais par des officiers de la Séléka, à l’intérieur des terres camerounaises, était à l’origine de la fermeture des autorités camerounaises de leurs frontières avec la Centrafrique. Cet incident a failli compliquer par ailleurs encore les relations entre Paul Biya et Michel Djotodia.

La frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine (Rca) vient d’être rouverte. Le gouverneur de la région de l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, avait annoncé le 21 août 2013, la fermeture provisoire des frontières camerounaises avec la Centrafrique. Cette décision faisait suite à l’assassinat de Félix Ngando Ndalle, un officier de la police camerounaise, dans la nuit du 19 au 20 août dernier, après une altercation avec le lieutenant Hassan, identifié comme appartenant à l’ex-rébellion qui a pris le pouvoir à Bangui, le 23 mars 2013. « L’incident de Tokyoto s’est produit dans la nuit du 19 au 20 août. Le lieutenant Hassan de la Séléka a traversé la frontière aux environs de 15h avec deux de ses collègues. Ils se sont retrouvés dans un bar ou une discussion s’est déclenchée entre ces derniers et l’officier camerounais, Ngando Ndallé, qui leur demande de rentrer de leur coté, puisqu’il se fait tard. Ayant mal digéré ce rappel à l’ordre, les officiers centrafricains vont retourner de l’autre coté de la frontière et préparer une véritable guerre. Les coups de feu tirés à l’aide des kalachnikovs auront raison de l’officier Ngando Ndalle », rapporte le gouverneur de la région de l’est.

Du coté camerounais, cet incident avait entraîné un mouvement de panique dans la zone de Tokyoto où les populations vivaient terrées chez elles. Du coté du gouvernement, la fermeture partielle de la frontière était une mesure conservatoire, avait tenté d’expliquer le gouverneur de la région de l’est, Samuel Ivaha Diboua. « Il n’y a pas de guerre entre le Cameroun et la Centrafrique, c’est juste une mesure qui vise à poursuivre les enquêtes et ramener le calme et la sérénité avec ce pays frère ».

Des relations diplomatiques fragiles….

Débarqué manu militari du pouvoir par la rébellion Séléka le 23 mars dernier, le Président déchu, Bozizé, avait trouvé refuge au Cameroun, avant de s’envoler pour la France. Une situation qui n’avait pas plu aux nouveaux hommes forts de Bangui, membres de la Séléka, qui souhaitaient le voir jugé. En juin dernier, au cours d’une tournée dans la sous-région, Paul Biya, actuel doyen des chefs d’Etats de l’Afrique centrale, avait refusé de recevoir en audience Michel Djotodia, qui se trouvait déjà dans la capitale camerounaise. A l’issue de incident diplomatique, des tractations initiées par ses pairs de l’Afrique centrale ont permis au Président camerounais de revenir sur sa décision et de recevoir en juillet dernier un émissaire du nouveau Président centrafricain au palais de l’unité. De cette rencontre, le Cameroun acceptera d’envoyer un émissaire à la prestation de serment tenue le 18 août dernier. De même, le Président Paul Biya, toujours dans le processus de régularisation des relations avec Bangui, avait envoyé une lettre de félicitations à son homologue Michel Djotodia, à l’occasion de la célébration des 53 ans d’indépendance de la RCA. Cette autre incident allait donc sérieusement ralentir le processus de normalisation entres les deux voisins.