Cameroun : début de la collecte de données nationales après 21 ans d’attente


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Drapeau du Cameroun
Drapeau du Cameroun

Le Cameroun relance son recensement national après deux décennies d’attente avec la mobilisation de milliers d’agents à travers le pays. L’opération vise à actualiser des données devenues obsolètes pour la planification nationale.

Le Cameroun a lancé son quatrième Recensement général de la population et de l’habitat après vingt et un ans sans mise à jour officielle. Des milliers d’agents recenseurs sillonnent déjà les villes et les zones rurales pour collecter des données essentielles. Cette opération d’envergure intervient dans un contexte de profondes mutations démographiques et sociales. Elle doit permettre aux autorités de disposer d’indicateurs fiables pour orienter les politiques publiques. Les résultats attendus seront déterminants pour mieux répondre aux besoins de la population et accompagner le développement du pays.

Un déploiement pour briser vingt ans d’incertitude

Depuis le dernier recensement de 2005, qui comptait 17 millions d’habitants, le pays manquait de données fiables. Entre urbanisation accélérée et déplacements forcés dus aux crises, les estimations officielles ne reflétaient plus la réalité. Ce quatrième exercice, prévu jusqu’au 29 mai 2026, mobilise 30 000 agents pour une collecte en deux phases : cartographie puis dénombrement.

L’innovation agropastorale

La grande nouveauté de cette quatrième édition réside dans son périmètre élargi. Pour la première fois de l’histoire du pays, les enquêteurs ne se contentent pas de compter les individus. Le questionnaire intègre désormais des données précises sur l’agriculture et l’élevage. En interrogeant les ménages sur leurs activités agropastorales, le gouvernement transforme cet outil démographique en un véritable instrument de planification économique globale. L’objectif est clair : cartographier les ressources productives en même temps que les besoins humains pour mieux orienter les investissements publics vers les secteurs clés de la croissance.

Des données fiables pour réformer les politiques publiques

L’absence de statistiques récentes posait un problème structurel pour le développement du Cameroun. Pendant vingt ans, la construction des écoles, des hôpitaux et des routes reposait sur des projections aux marges d’erreur de plus en plus inquiétantes. Les résultats attendus dans les six à douze mois permettront enfin de recalibrer la répartition des fonds de développement régionaux et de réviser les circonscriptions électorales sur des bases incontestables. Au-delà des frontières nationales, ces chiffres actualisés sont également attendus par les partenaires internationaux comme la Banque mondiale ou l’Union européenne, dont les appuis financiers sont souvent conditionnés à la disponibilité de données crédibles.

Maceo Ouitona
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Maceo Ouitona est journaliste et chargé de communication, passionné des enjeux politiques, économiques et culturels en Afrique. Il propose sur Afrik des analyses pointues et des articles approfondis mêlant rigueur journalistique et expertise digitale
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