Cameroun : chercheurs et praticiens des questions économiques en conclave à Douala

Colloque international de Douala : «Théories et Management des Organisations. Une perspective africaine

Sous le parrainage du Pr Magloire Ondoa, recteur de l’Université de Douala, le CERAME (Centre d’études et de recherche africaines en management et entrepreneuriat), l’ARECCA (Association pour la recherche en comptabilité, contrôle et audit) et le laboratoire CHORIS de l’Université Paul Valéry de Montpellier 3, France, ont conjointement organisé les 25 et 26 novembre 2019 dans l’amphi 200 de l’ESSEC (Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales), un colloque international sous le thème : «Théories et Management des Organisations. Une perspective africaine ».

Le colloque a discuté des pratiques de management en contexte africain. Au moins deux arguments majeurs peuvent être mobilisés pour renforcer sa pertinence. En premier lieu, la recherche universitaire sur le management africain demeure encore largement marquée par une tendance confirmatoire des théories établies ailleurs. A l’origine d’une telle démarche, la consécration un peu naïve de la démarche hypothético-déductive comme base fondatrice de la plupart des travaux empiriques. La mise en évidence des particularités d’un management local apparaît, dans ces conditions, comme un passage obligé, sans lequel la recherche de solution fondatrice, au moins en théorie d’une base de compétitivité, se trouve à l’avance compromise.

En deuxième lieu, on admet que d’ici 2050, l’Afrique sera le continent le plus peuplé de notre planète. On admet aussi qu’à terme, l’Afrique est censée remplacer la Chine actuellement considérée comme « l’atelier » du monde. Comprendre les logiques internes susceptibles d’expliquer la performance de l’action collective dans un contexte comme celui de l’Afrique, constituerait dès lors un enjeu capital pour l’avenir du système productif de toute une planète.

Céder la place à un nouveau et véritable management africain

La dimension internationale du colloque avait pour but d’examiner les pratiques de management dans différentes organisations et dans différents pays africains, dans la mesure où ces pratiques dépendent fortement de l’environnement institutionnel, économique et social ainsi que du poids relatif des différentes parties prenantes.

Ce colloque avait donc pour objectif de discuter des pratiques de management en contexte africain. A cet effet, les communications ont porté sur des réflexions et/ou des travaux empiriques. Mais on attendait surtout des contributions empiriques, s’appuyant sur un terrain ou des données africaines. Que les méthodologies soient qualitatives ou quantitatives, une grande attention était portée à la fiabilité, la robustesse, la représentativité des données mobilisées.

Le management africain, tel qu’il existe aujourd’hui, est essentiellement caractérisé par un style de direction traditionnel (les dirigeants agissent au nom du groupe dont ils sont issus et pour lui) et personnel (autorité et pouvoir de décision se trouvant concentrés entre les mains d’un chef d’entreprise omniprésent). Il est la cause principale de l’échec des entreprises en Afrique, trop souvent peu rentables, non compétitives et éphémères. Il devrait donc ne devenir qu’un mythe et céder rapidement la place à un nouveau et véritable management africain qui, sans nier les spécificités culturelles de l’Afrique, les conjuguerait avec les principes de rigueur, de rationalité et de méthode, lesquels sont encore caractéristiques d’une gestion de type occidental, mais dont la valeur et l’efficacité doivent être considérées comme universelles.

Ce colloque, dont les participants étaient venus du Gabon, du Sénégal, e la Centrafrique, du Cameroun et de la France, était aussi un lieu d’échanges et de réflexions entre la communauté scientifique et les praticiens des milieux socioprofessionnels dont les contributions étaient hautement encouragées.

L’une des activités phares de cette rencontre était la cérémonie de dédicace de l’ouvrage intitulé : « Accompagnement des petites entreprises au Cameroun et au Sénégal ». Cet ouvrage, fruit d’un projet de recherche, contient 278 pages et 9 chapitres. Il apporte ainsi une solution dans l’accompagnement des entreprises au Cameroun et au Sénégal.

L’Afrique, longtemps restée en marge de l’évolution, commence à son tour à connaître un regain d’intérêt sur les théories et le management des organisations.