Cameroun : Biomek lutte contre le décapage

Gamme de produits

La petite société camerounaise Biomek Center Cosmétique a développé des produits aux plantes pour prendre soin en douceur et avec efficacité de la peau des femmes. L’objectif est notamment de démontrer que ces produits sont efficaces et permettent de relever le teint sans passer par les produits décapants, souvent dangereux pour la santé. Bernadette Hermine Mekueko nous explique le concept, qui a déjà séduit de nombreuses clientes.

On peut avoir un teint plus clair sans « gâter » son épiderme. C’est un peu le concept qu’a matérialisé Biomek Centrer Cosmétique en créant des produits dermatologiques 100% naturels à base de plantes. Cette petite société camerounaise est née en 2003, sur l’impulsion de cinq personnes appartenant au même Groupe d’initiative commune. Le leitmotiv était de faire barrage aux lotions et autres laits décapants qu’utilisent les femmes, et de plus en plus les hommes. « Nous avons créé au moins 25 produits, qui sont distribués sur les marchés et dans les supermarchés de Douala. Nous avons aussi deux centres de soin où les gens peuvent utiliser nos produits », précise Clovis Mekueko, délégué et biochimiste de Biomek. L’affaire suit son bonhomme de chemin, malgré le manque d’argent pour moderniser le travail. Précisions de Bernadette Hermine Mekueko, femme de Clovis et esthéticienne pour Biomek, qui forme également les jeunes à la sensibilisation sur les dangers des produits promettant un teint clair parfait.

Afrik.com : Combien êtes-vous à faire tourner cette petite société ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Nous sommes cinq, plus quelques bénévoles. Certains sont aux champs, d’autres transforment ou font de la sensibilisation et nous avons des commerciaux.

Afrik.com : Justement, en plus d’être esthéticienne pour Biomek, vous formez des jeunes à la sensibilisation…

Bernadette Hermine Mekueko :
J’apprends aux jeunes comment faire la promotion de Biomek et de ses produits et je leur enseigne comment sensibiliser les gens aux risques du décapage. Sur le terrain, nous invitons des personnes dans notre centre où nous soignons certaines femmes gratuitement, pour qu’elles s’en sortent.

Afrik.com : Pourquoi avoir choisi ce cheval de bataille ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Nous luttons contre le décapage car, ici, en Afrique, les femmes ne croient pas que les plantes puissent nettoyer leur épiderme. Nous voulions leur ôter cette idée fausse de la tête et leur faire comprendre que les plantes que le Seigneur a créées sont bonnes pour elles. Nous voulions aider les femmes, et aussi les hommes qui se décapent de plus en plus, à arrêter le décapage. Nous voulons montrer que les plantes nettoient plus que l’acide, qu’elles nettoient à fond l’épiderme. Il y a, par ailleurs, beaucoup de décès de femmes qui meurent lors d’opérations parce que leur plaie refuse de cicatriser tant la peau était abîmée par le décapage.

Afrik.com : Avez-vous des solutions pour ces femmes ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Nous avons des huiles essentielles à base de citron, carotte et avocat qui reconstituent la peau. Ça marche très bien car lorsque nous revoyons les femmes, elles ont le teint éclatant, elles semblent rajeunies. La première couche de leur peau revient et elle a une couleur naturelle. Les femmes sont très contentes et elles sont prêtes à en faire le témoignage partout ! Elles sont même de la publicité pour nous par bouche-à-oreille. Elles nous amènent leurs sœurs, leurs cousines… C’est appréciable étant donné que nous n’avons pas de moyens pour faire de la publicité.

Afrik.com : Quels autres produits fabriquez-vous ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Nous avons une gamme variée de produits : des laits corporels, des gommages, des lotions, des dissolvants, des huiles essentielles pour les cheveux… Nous testons un défrisant, toujours à base de plantes, qui agresse bien moins les cheveux et le cuir chevelu que les autres, mais il n’est pas encore sur le marché. Le taux d’acidité des produits est neutre et ils sont 100% naturels, donc prêts à être consommés ! On peut ajouter les huiles essentielles pour cuire un œuf ou un poisson sans risque.

Afrik.com : Quelles plantes utilisez-vous ?

Bernadette Hermine Mekueko :
De l’aloe vera, de la bardane, de la camomille, du citron, de la carotte, du son de blé, du miel… et beaucoup d’autres plantes encore ! Nous achetons les produits qu’il nous faut, mais nous envisageons de cultiver les légumes et les fruits dans des champs dans l’Ouest du pays. Nous avons fait une étude de faisabilité, nous attendons les bailleurs de fonds. Les plantes sont transformées dans un centre que nous avons à Douala. Nous n’avons pas de machine pour extraire les éléments, mais on se débrouille. On se bat.

Afrik.com : Si vous n’utilisez que des produits naturels, les femmes peuvent elles-mêmes fabriquer des produits Biomek…

Bernadette Hermine Mekueko :
Chaque ménagère peut transformer elle-même ce qui pousse dans son jardin. Mais beaucoup ne croient pas que ce qu’elles plantent juste à côté peut avoir de telles vertus. Mais avec la communication que nous faisons, elles commencent à y croire.

Afrik.com : N’avez-vous pas peur que tout le monde se mette à fabriquer des produits Biomek ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Nous n’avons pas peur ! Nous avons déposé la marque à l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle. Et, partout dans le monde, il y a toujours la contrefaçon…

Afrik.com : Quels produits ont le plus de succès ?

Bernadette Hermine Mekueko :
La lotion anti-boutons a beaucoup de succès. Elle lutte contre toute sorte de boutons et efface les taches noires qu’ils laissent en 10 jours. Il faut l’utiliser matin et soir. Elle est composée d’aloe vera (qui adoucit), de camomille (qui éclaircit) et de bardane (qui lutte contre le germe de la peau). L’autre produit phare, qui va de pair avec la lotion anti-boutons, est la lotion anti-brillance. Elle élimine le sébum dont se nourrissent les germes des boutons pour grossir. Donc, comme le germe n’a plus rien à « manger », il meurt. On peut la passer sur le visage avec du coton toute la journée. Comme elle matifie le teint, les femmes n’ont plus besoin de d’utiliser du fond de teint et de la poudre pour empêcher leur visage de briller. Le gommage au son de blé et au miel se vend bien aussi : il active la circulation sanguine et prépare le corps pour recevoir le lait.

Afrik.com : Ces deux lotions fonctionnent-elles vraiment ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Oui. Nous travaillons avec des médecins, des pharmaciens et des dermatologues qui viennent même se soigner chez nous. Ils ont essayé nos produits, ont été convaincus et prescrivent à leurs patients nos lotions anti-boutons et anti-brillance. Car ils les trouvent efficaces par rapport à d’autres qu’ils ont prescrits par le passé.

Afrik.com : Quels sont vos tarifs ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Ce n’est pas cher. Tout dépend de la contenance et non pas du produit en ce qui concerne les lotions. Par exemple, pour la lotion anti-bouton de 60 ml c’est 1 000 FCFA et pour 100 ml 1 250 FCFA à la sortie de l’usine (une fois sur le marché, il faut ajouter 35% au prix explique son mari Clovis Mekueko). Il faut bien qu’on s’en sorte ! Pour ce qui est du lait, il est à 2 000 FCFA les 250 ml et 1 500 FCFA pour les 180 ml.

Afrik.com : Avez-vous beaucoup de demandes ?

Bernadette Hermine Mekueko :
Oui ! Lorsque nous nous rendons sur le marché, nous sommes même débordés. Nous accueillons entre 15 et 20 femmes par jour qui souffrent de boutons et environ trois hommes qui souffrent de la même chose. Mais nous manquons de financements. Nous n’avons pas d’appareils sophistiqués. Nous travaillons avec nos propres petits fonds.

 Contacter Biomek :

E-mail : biomekcenter@yahoo.fr

Téléphone : 00 237 337 66 10