Cameroun : 29è anniversaire du Social Democratic Front

26 mai 1990 – 26 mai 2019 ! Il y a 29 ans, le Social Democratic Front (SDF) voyait le jour dans la douleur, avec le décès de six personnes. A l’occasion de cet anniversaire, le parti de John Fru Ndi a organisé des manifestations dans plusieurs villes du pays.

Dans la capitale économique, les cadres du parti se sont retrouvés dans l’arrondissement de Douala 5è, autour d’un grand meeting. L’occasion pour le premier vice-président de faire un diagnostic froid de l’état de santé de la première formation politique de l’opposition camerounaise. « Il est clair et évident qu’en 29 ans on aurait peut-être pu faire un peu plus que ce qu’on a fait aujourd’hui, mais vu le contexte, il ne faut pas oublier qu’on est né dans la douleur, à l’intérieur d’une dictature ; nous sommes encore dans cette dictature. Voilà pourquoi mon message est un message de mobilisation pour dire que nos problèmes doivent être résolus par nous-mêmes », a déclaré Joshua Osih.

Le député du Wouri ne se trompe pas d’analyse. Le poids politique du SDF a fortement régressé en près de 30 ans d’existence. En 1992, lors de la première élection présidentielle multipartite dans notre pays, John Fru Ndi, le candidat du SDF, avait officiellement obtenu 35,9% des voix contre 39,9% à Paul Biya du RDPC. L’opposant n’a eu de cesse de revendiquer la victoire à ce scrutin présidentiel.

Lors de la présidentielle du 7 octobre 2018, un peu plus de 26 ans plus tard, le candidat du SDF, Joshua Osih a récolté 3,36% des suffrages loin derrière Paul Biya réélu avec 71,28% des voix.

Cette chute vertigineuse s’observe également au niveau des élections locales. Le parti de Ni John Fru Ndi comptait 43 sièges sur 180 à l’Assemblée nationale en 1997. Lors des dernières législatives de 2013, le parti s’en est tiré avec 18 députés seulement. Idem pour les élections municipales.

En 1996, le parti contrôlait 61 communes sur 360. Aujourd’hui, le SDF ne dispose plus que de 22 sièges de maires.

Lancé le 26 mai 1990, à Liberty Square de Bamenda, contre l’avis du régime, mais grâce au courage et à la détermination du Chairman Ni John Fru Ndi auquel s’était associé l’ensemble du peuple camerounais, le SDF est depuis lors en activités. En 29 ans de combats et d’effort, le parti a contribué à re-ouvrir le Cameroun au pluralisme politique et permis au peuple de reprendre sa parole et de remporter quelques victoires symboliques dans sa quête de liberté et de démocratie. Implanté dans tout le pays, présent dans les deux chambres du parlement, dans les conseils municipaux des localités les plus reculées du pays, le SDF poursuit depuis lors sa lutte, aux côtés du peuple, pour un pays débarrassé de dictature et gouverné suivant les aspirations du peuple.

La célébration du 29è anniversaire de la naissance du SDF tenue à l’IPPF à Douala Bépanda a coïncidé avec l’organisation d’un hommage aux martyrs « piétinés » par balles lors du lancement du parti il y a 29 ans.