Cabines téléphoniques ambulantes

Une vingtaine de cabines téléphoniques GSM d’un genre un peu particulier sillonnent les artères de Libreville (Gabon). Elles sont en effet mobiles parce que greffées sur les tricycles des handicapés moteur qui les gèrent. C’est une petite société gabonaise spécialisée dans les télécommunications, Amla, qui est à l’origine du projet.

Jaune et bleu, les vingt cabines GSM Adondo ne passent pas inaperçues dans les rues de Libreville, la capitale gabonaise. D’autant plus qu’elles sont mobiles (sans aucun jeu de mot). L’appareillage téléphonique (téléphone et compteur), d’une valeur de 600 000 F CFA (environ 900 euros), est en effet monté sur les tricycles de personnes handicapées moteur. C’est la société Amla, spécialisée dans les télécommunications, qui gère l’opération. Le premier partenaire d’Amla dans cette aventure, qui a débuté en novembre 2002, a été Telecel Gabon.

« C’est le responsable des ventes directes (de Telecel, ndlr), Maxime Dupuy, qui m’a suggéré l’idée. J’ai trouvé que c’était une très bonne initiative dans la mesure où les personnes à mobilité réduite sont souvent démunies. Ça leur évite au moins de mendier », explique Jean Tankes, directeur général d’Amla. La firme, qui commercialise des installations pour cabines téléphoniques, est n°2 du secteur au Gabon.

Quand profit rime avec philanthropie

Mais l’opération démarre concrètement, en avril 2003, avec un don. « Nous avons offert dix cabines à la fondation de la Première Dame (du Gabon, ndlr), Madame Edith Bongo », répond l’entrepreneur, dont la société fournira également cinq cabines, de même que Telecel Gabon. Les handicapés mettent à disposition leur fauteuil et n’ont été recrutés sur aucun critère particulier. Le bouche à oreille aura plutôt bien fonctionné. « Ceux qui sont venus à nous sont ceux qui souhaitaient travailler », note Jean Tankes.

« Les cabines sont rechargées sur la base de 50 000 F CFA (environ 77 euros, ndlr) quel que soit l’opérateur (Telecel, Celtel et Libertis, ndlr). Le gérant de la cabine réalise sur cette base un profit de 30 000 F CFA (environ 45 euros, ndlr) » poursuit-il. L’entreprise perçoit, quant à elle, une commission sur chaque rechargement. La petite société de Jean Tankes, qui emploie une dizaine de personnes, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle continuera à faire travailler des handicapés physiques. Son nouveau projet : des kiosques où seront vendus des recharges téléphoniques. L’opération devrait démarrer en mars 2004.