Buzz sur le net : les aboiements d’un militaire français au Togo

Le journaliste togolais Didier Ledoux a été menacé de prison pour avoir voulu prendre en photo le lieutenant-colonel français Romuald Letondot. Piégé par une vidéo postée sur Youtube, le militaire a dû présenter ses excuses au journaliste, mercredi, à l’ambassade de France, à Lomé, au Togo.

« Je visais la photo, pas le photographe », a feint le lieutenant-colonel français Romuald Letondot lors d’une interview à l’Express. Mardi, à Lomé au Togo, il a menacé le journaliste togolais Didier Ledoux de le mettre « en taule » et de donner « des coups » à son appareil photographique. Visiblement énervé par ce journaliste qui l’avait photographié, en marge d’un congrès du parti d’opposition l’Union des Forces de Changement (UFC), une vidéo le campe en train de préciser : « Je m’en fous que tu sois de la presse ».

En aboyant sur le journaliste et en foulant ainsi la liberté de la presse, le militaire a su s’attirer les foudres de l’opinion publique française et togolaise, et mettre sa hiérarchie dans l’embarras. « Ce n’était pas des menaces parce que je n’ai évidemment aucun pouvoir sur la gendarmerie togolaise », prétend le conseiller du chef d’État Major des armées au Togo. L’armée française a désavoué le militaire menaçant, qui s’est excusé auprès du journaliste de Liberté mercredi lors d’un entretien à l’ambassade de France à Lomé.

« J’ai réagi comme quelqu’un d’agressé, et je suis plutôt victime dans cette affaire », va-t-il jusqu’à affirmer dans l’Express. L’ambassade de France à Lomé indique au Monde.fr que le lieutenant-colonel Romuald Letondot s’est retrouvé « de manière fortuite » dans la manifestation. « Il passait en voiture lorsqu’il a reçu un pavé. Il est donc descendu pour demander la protection de la gendarmerie togolaise, mais il ne voulait pas être accusé à tort d’organiser la répression ».

Le journaliste a quant a lui obtempéré sous la menace, en supprimant la photographie incriminée. Le quotidien Liberté pour lequel travaille Didier Ledoux a joué la surprise : « C’est curieux qu’un officier français formé en France, pays des droits de l’homme, menace de faire venir des éléments de la garde présidentielle pour régler un malentendu qui l’opposait à un journaliste qui ne faisait que son travail ». Comprenne qui pourra.