Burundi : spectre d’une guerre civile après la la formation d’une rébellion armée

Après plusieurs semaines de violentes manifestations au Burundi contre un troisième mandat de Pierre Nkurunziza, actuel Président, la tension est loin de connaître un répit. La formation d’une nouvelle rébellion armée contre le pouvoir actuel pourrait voir le jour.

Le spectre d’une nouvelle guerre civile est-il à craindre au Burundi ? Après des mois de protestations populaires violentes contre un troisième mandat du Président Pierre Nkurunziza à la tête du pays, la tension n’a pas encore connu une accalmie. La déclaration d’un général impliqué dans le coup d’État manqué d’il y a un mois et demi replonge le pays dans la terreur.

Une rébellion armée en cours de formation ?

Selon l’agence presse britannique Reuters, l’un des commanditaires du putsch raté de mai dernier déclare être activement impliqué dans la mobilisation de troupes avec comme idée principale de mettre en place une rébellion armée dans le pays. Les déclarations du général arrivent une semaine après la découverte d’un arsenal de guerre impressionnant composé de cartouches, de mitrailleuses, de lance-roquettes, de grenades entre autres dans un quartier de Bujumbura, la capitale burundaise.

Les diplomates occidentaux s’inquiètent

Entretemps, les diplomates occidentaux font part de leur préoccupation. « Nous nous dirigeons vers un conflit », estime un diplomate occidental qui a mis en garde contre le retour d’un possible conflit interethnique tel que celui connu par le pays il y a une décennie. Déclenchée en mai dernier par des manifestants contre le troisième mandat de Pierre Nkurunziza, la crise au Burundi risque de plonger le pays dans un chaos politique inquiétant.

Le chaos qui a failli tout changer

Un chaos politique qui a failli aboutir au renversement du Président par des généraux de l’armée. En effet, en mai dernier, profitant du voyage de Pierre Nkurunziza en Tanzanie, le Général Godefroid Niyombaré avait annoncé avoir pris le pouvoir et déclaré que Pierre Nkurunziza est « démis de ses fonctions ». Mais n’ayant pas obtenu le soutien total de l’armée, le coup d’État a échoué et le général et ses collaborateurs inculpés par la justice.

La Présidentielle repoussée

Toutefois, les opposants au régime de Pierre Nkurunziza n’ont pas encore dit leur dernier mot. Malgré une nette victoire du parti au pouvoir CNDD-FDD aux élections législatives du 29 juin dernier, alors qu’il obtenait 77% des sièges sur 100, selon la commission nationale, la grogne populaire est à son comble.

Craignant de nouveaux débordements, le gouvernement, sur décret présidentiel, a jugé bon de reporter l’élection présidentielle initialement prévue ce 11 juillet. Sauf nouveau changement de date, les élections auront lieu le 21 juillet et la campagne pour la Présidentielle prendra fin le juillet 18 au soir.