Burundi : retour sur un triple scrutin sous tension

Au total 14 718 bureaux de vote ont accueilli les Burundais qui ont participé aux scrutins présidentiel, législative et communale, ce 20 mai. Des sources proches de la Commission électorale nationale indépendante font savoir que les portes de ces bureaux de vote ont été ouvertes à partir 6h30 pendant que certains électeurs étaient déjà dans l’attente depuis 4h30.

Si la tenue de ce scrutin a été marquée par un calme précaire dans des centres de vote, certains observateurs notent plusieurs irrégularités, entre autres, la disparition d’un journaliste depuis la matinée de ce 20 mai et la coupure des réseaux sociaux. Ainsi, cet article revient sur certaines irrégularités qui ont marqué ce premier tour de la Présidentielle au Burundi.

Disparition du journaliste Evariste Nzikobanyanka, de la radio Isanganiro

Des sources sur place laissent entendre que Evariste Nzikobanyanka, l’un des reporters de la radio Isanganiro est introuvable depuis la matinée de ce 20 mai. Ce dernier était affecté à la couverture de ces élections à Muyira, dans la zone de Bujumbura rural.

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Les sources gouvernementales affirment que le journaliste était à l’origine d’un trouble pendant le vote. « A Muyira, deux voitures suspectes ont tenté de perturber le processus électoral, mais la police est toute de suite intervenue. L’incident s’est produit à 7h », indique Pierre Nkurikiye, porte-parole du ministère de la Sécurité publique, suspectant le journaliste d’avoir été au volant de l’un de ces deux véhicules.

La direction d’Isanganiro, son media, reste jusque-là sans nouvelle de son journaliste. « J’ai essayé de joindre Evariste et le porte-parole de la police, pour avoir plus de détails sur ce qui s’est passé, en vain », témoigne son directeur, Sylvestre Ntakirutimana, cité par Iwacu, promettant de donner d’autres détails dans les prochaines heures.

La coupure des réseaux sociaux

Pendant que les Burundais participaient au vote, l’organisation Netblocks qui fait la censure sur le Web dans le monde a publié un rapport sur la coupure des réseaux sociaux dans ce pays. Facebook, Twitter, WhatsApp, Telegram et Instagram, tels sont les réseaux sociaux coupés par les fournisseurs d’accès à Internet au Burundi.

https://twitter.com/netblocks/status/1263020187726512129?s=20

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Indignation des électeurs !

Dans la foulée, des électeurs s’indignent contre l’organisation dans certains bureaux de vote. La majorité d’électeurs qui ont requis l’anonymat font savoir que les opérations de vote ont débuté avec retard dans certaines provinces dont Ngozi, dans la partie nord du pays, tandis que d’autres centres ont débuté l’opération de vote sans urnes et encre indélébile.

« Nous étions devant le bureau de vote depuis 4h50, mais les membres du centre n’ont ouvert les portes que vers 7h45. Il y avait certains d’entre nous qui votaient sans qu’ils ne soient sur la liste électorale », a fait savoir l’un des votants.

Par ailleurs, en raison du nombre élevé de personnes dans les files d’attentes devant les bureaux de vote, il sied de noter que la mesure de distanciation physique recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé aux Etats pendant cette période de pandémie n’a pas été respectée.

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