Burundi : les ex-putschistes menacent de renverser Pierre Nkurunziza

Un Général se réclamant des auteurs du putsch manqué du mois de mai dernier contre le pouvoir de Pierre Nkurunziza a déclaré sur une chaîne de télévision depuis le Kenya où il se trouve qu’il chasserait « par la force », le régime de Bujumbura.

Le 14 mai 2015, profitant de l’absence du Président Pierre Nkurunziza, qui se trouvait à Dar-Essalem en Tanzanie lors d’un sommet sur le Burundi, un groupe de putschistes à leur tête, le Général Godefroid Niombaré, avait tenté un coup d’Etat soldé par un échec. Il y a alors plusieurs morts et des personnes sont arrêtées. Depuis lors, on a plus de nouvelles du leader des putschistes et le Burundi reste agité par le spectre de violences armées.

Ce lundi, un Général répondant au nom de Léonard Ngendakumana, se réclamant proche du Général Godefroid Niyombare déclare depuis son lieu d’exil, que lui et ses compagnons étaient derrière les attaques de la semaine dernière qui ont ensanglanté Bujumbura à l’occasion de la célébration du 53ème anniversaire du pays. et qu’il envisageaient toujours de chasser « par la force » le président Pierre Nkurunziza. « Toutes ces actions en cours dans le pays, nous sommes derrière, et nous allons les intensifier jusqu’à ce que M. Nkurunziza comprenne »

Dans un entretien accordé dimanche à une chaîne kényane, le Général Léonard Ngendakumana précise également le lieu où se trouve le chef des putschistes, le Général Godefroid Niyombare serait resté au pays pour continuer à « resister » et « se battre » sur place contre le régime.

Cette déclaration intervient dans un contexte politique lourd de menaces pour le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, qui a récusé dimanche le médiateur onusien Abdoulaye Bathily. Il est accusé par le camp présidentiel d’avoir « manqué gravement au respect de la souveraineté du pays » dans la crise.
Avant Abdoulaye Bathily, c’était l’opposition burundaise qui a demandé et obtenu le départ de l’ancien médiateur de l’ONU Saïd Djinnit.

Le 29 juin dernier, des élections législatives et communes ont été tenues au Burundi, mais pour la Mission Electorale des Nations Unies au Burundi (Menub), celles-ci ne se sont passées pas de manière favorable « dans un environnement qui n’était pas propice à la tenue d’un scrutin libre, crédible et fédérateur ».

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