Burundi : le président de l’Assemblée nationale se réfugie en Belgique!

Après la fuite du vice-président de la Cour constitutionnelle, Sylvère Nimpagaritse, le 4 mai dernier, suivie de celle du second Vice-président du pays, Gervais Rufyikiri, le 25 juin, c’est au tour du président de l’Assemblée nationale burundaise de se réfugier en Belgique, à la veille des élections. Tous contestent contre un troisième mandat du chef d’Etat, Pierre Nkurunziza.

Pie Ntavohanyuma, président de l’Assemblée nationale burundaise, a annoncé, ce dimanche 28 juin 2015, avoir trouvé refuge en Belgique. Cette nouvelle défection, après celle du vice-président de la Cour constitutionnelle et celle du second Vice-président de ce pays d’Afrique de l’Est, intervient à la veille des élections législatives et communales qui s’ouvrent ce lundi 29 juin.

Alors que la commission électorale burundaise annonce que « tout est prêt pour les élections législatives et communales », à la veille de l’ouverture de ce scrutin qui est boycotté par l’opposition, la deuxième personnalité du pays, le président de l’Assemblée nationale notamment, a quitté le pays et dénonce le « forcing électoral » de Pierre Nkurunziza, qui veut se présenter à un troisième mandat présidentiel, relève RFI.

« A la veille des élections, de ce forcing vers les élections de demain, j’aimerai attirer l’attention de son excellence le président de la République [Pierre Nkurunziza, NDLR] et je voudrai lui dire que son mandat vers lequel il veut aller est illégal. J’aimerai lui dire que son forcing vers les élections n’a pas de sens. Tous les médiateurs, tous les hommes de bon sens qui sont au Burundi nous conseillent de postposer ces élections pour pouvoir organiser des élections inclusives, organiser des élections consensuelles », a déclaré Pie Ntavyohanyuma dans l’entretien diffusé ce dimanche 28 juin 2015, à la mi-journée.

Le président de l’Assemblée nationale burundaise est allé plus loin, en appelant le Président Pierre Nkurunziza à « un sursaut, pour qu’après quelques années de pouvoir, il n’établisse pas un pouvoir qui ne respecte pas la loi, un pouvoir qui ne respecte pas la Constitution, un pouvoir qui ne respecte pas les textes fondateurs de la République, notamment l’accord d’Arusha qui nous avait permis de réussir ce miracle de cohabitation entre les différents groupes au Burundi ».

Selon RFI, le matériel électoral est en cours d’acheminement vers les centres de vote « dans un climat d’extrême tension ». Le site ajoute que la nuit dernière, au moins trois personnes ont été tuées à Bujumbura. Ce qui présage d’un vote sous haute tension.