Burundi : Internet gratuit pour tous

Le Centre d’information des Nations Unies de Bujumbura (Burundi) a procédé, mardi 29 août, au lancement officiel de l’Internet gratuit. Ce vaste programme, qui s’adresse en priorité aux intellectuels du pays, permet également aux couches moins instruites d’être initiées à l’outil informatique. Interview.

Le Burundi tisse sa toile. Le CINU (Centre d’information des Nations Unies) de Bujumbura (Burundi) a lancé, mardi 29 août, un important programme d’Internet pour tous. Ce lancement officiel vise à aider le pays à combler son retard numérique, et à tirer pleinement partie des possibilités qu’offrent aujourd’hui les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC). L’initiative s’adresse en priorité aux élites, mais n’exclut pas les couches modestes de la société. Béatrice Nibogora, chargée de l’information et de la communication au Centre des Nations Unies (CINU) nous décrit la mise en place du programme.

Afrik.com : Madame Nibogora, vous êtes l’un des responsables du Centre d’Information des Nations Unies de Bujumbura. Quelle est la vocation d’un tel centre ?

Béatrice Nibogora
: Le Centre d’Information des Nations Unies de Bujumbura a été créé en Juin 1961. Il est le point focal pour la dissémination de l’information à propos des objectifs et des activités de l’Organisation des Nations Unies (ONU) au profit des différentes catégories de populations vivant ou travaillant au Burundi. La fonction principale du Centre d’Information des Nations Unies de Bujumbura est de servir de relais, pour le Département de l’Information Publique de l’ONU (DPI), dans ses efforts de diffusion de l’information sur les actions de l’ONU. C’est un outil pour stimuler un intérêt et un soutien local face aux problèmes mondiaux. Le CINU dispose d’un centre de documentation dont le fonds est constitué essentiellement de publications du système des Nations Unies. Le fonds traite de différents thèmes correspondant aux domaines d’intervention de l’ONU.

Afrik.com : Vous avez fait le pari de l’Internet gratuit au Burundi. Quelles sont les raisons de cette initiative révolutionnaire ?

Béatrice Nibogora
: Au Burundi, une infime partie de la population a accès au Web. Que ce soit dans les ministères et même dans certaines administrations la connexion n’est pas systématique. Elle est inexistante le plus souvent. Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies recommande aux Etats du Tiers-monde d’appuyer l’expansion des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Elles peuvent servir d’outils de développement. Dans le cas du Burundi, le pays a accusé un retard considérable en matière de nouvelles technologies, et ce projet vise à rectifier quelque peu le tir.

Afrik.com : Quelles sont les conditions à cet accès gratuit ?

Béatrice Nibogora
: Le centre est ouvert à l’ensemble de la population, sans distinction. Nous sommes tout public. N’importe qui peut venir dans notre centre s’initier à l’informatique, ou effectuer des recherches. Etant sous l’égide des Nations Unies, notre vocation est d’accueillir tous les clients manifestant un besoin quelconque d’information. Nous disposons d’une bibliothèque riche en documentation, cependant tous les supports ne se trouvent pas sur papier. L’ordinateur et Internet offrent, quant à eux des possibilités immenses.

Afrik.com : Sur le terrain comment les choses se déroulent-elles ?

Béatrice Nibogora : La personne désireuse d’accéder à ce service gratuit doit s’adresser au Centre d’information des Nations Unies de Bujumbura. Nous aidons les gens à effectuer leurs recherches via des sites de l’ONU. L’accès est libre, mais il y a toujours un tuteur qui gère le matériel. Cette personne prend note de vos vœux et effectue vos recherches, si vous n’êtes pas familiarisé avec l’outillage informatique, ce qui est très souvent le cas depuis que nous avons lancé notre initiative. La clientèle est immense, diverse, d’où notre obligation de gestion stricte du matériel. Nous avons, par exemple, été contraints de supprimer l’accès aux emails. Cette tâche n’est pas autorisée, dans la mesure où nous privilégions la recherche scientifique. Il ne s’agit donc pas d’un Internet de loisir.

Afrik.com : Que recherchent les étudiants, lorsqu’ils accèdent au Web ?

Béatrice Nibogora :
Beaucoup viennent finir leurs travaux de mémoire. Le centre leur fourni des supports papiers, par le biais de la bibliothèque, mais aussi des documents sur le Web. Nous nous assurons juste des sujets de recherches, sans intervenir dans l’élaboration des travaux. La priorité est accordée aux sujets ayant un rapport avec les actions du système des Nations Unies. Nous formons également les jeunes peu familiarisés à l’informatique.

Afrik.com : Votre initiative s’étend-t-elle à l’ensemble du pays ?

Béatrice Nibogora :
Malheureusement pour l’heure, l’accès gratuit n’est disponible qu’à partir de nos locaux, qui se trouvent à Bujumbura. Nous n’avons ni les moyens, ni les possibilités d’étendre cela à l’ensemble du pays. L’Etat, qui est notre partenaire, pourrait s’intéresser à ce domaine.