Burundi : Evariste Ndayishimiye succède à Pierre Nkurunziza malgré l’indignation de l’opposition

Evariste Ndayishimiye

Evariste Ndayishimiye est le nouveau Président du Burundi. Il a été déclaré vainqueur du scrutin électoral du 20 mai par la Commission électorale nationale indépendante. Selon  les chiffres publiés par cette structure d’appui à la démocratie, le candidat du parti au pouvoir remporte les élections dès le premier tour avec 68,72% des voix.

Si d’un côté cette proclamation suscite l’indignation de certains caciques de l’opposition qui crient à la fraude et à l’instrumentalisation de l’appareil électoral, de l’autre côté, elle suscite la joie du Conseil national pour la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), parti du président sortant Pierre Nkurunziza.

Dans un entretien accordé à la BBC, Agathon Rwassa, candidat du Conseil national pour la liberté (CNL) a indiqué que ce résultat ne reflète pas la réalité des urnes, annonçant qu’il va déposer un recours auprès de la Cour Constitutionnelle avant 48 heures. « Nous avons collecté des preuves irréfutables transmises par nos mandataires présents aux différents bureaux de vote et attestant la victoire de notre parti lors des élections du 20 mai ! ».

Pour sa part, Joseph Ntakarutimana, secrétaire général adjoint du parti au pouvoir, salue l’issue de ce scrutin qui marque un nouveau tournant dans le processus démocratique et de la cohésion sociale au Burundi. « C’est une victoire de tous les Burundais, ceux qui ont voté pour nous, ceux qui ont voté contre nous, ceux qui ne nous aiment pas(…) En Afrique, et plus particulièrement au Burundi, à chaque fois qu’il y a des élections, on observe la colère, le désespoir, parce qu’on a peut-être trop rêvé. Et quand le rêve ne devient pas réalité, parfois, on perd la tête et on tient un langage maladroit, fleuri, ce qui est tout à fait normal », a-t-il dit lors d’un entretien avec nos confrères d’Iwacu, après la publication des résultats des élections.

Pour rappel, selon les résultats publiés par la Commission électorale nationale indépendante, le Conseil national pour la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD) de Evariste Ndayishimiye vient en première position avec 68,72%, suivi par le Conseil national pour la liberté (CNL) de Agathon Rwassa avec 24,19%, l’Union pour le progrès national (UPRONA) de Gaston Sindimwo en troisième position avec 1,64%, KIRA BURUNDI de Domitien Ndayizeye à la quatrième position avec 0,55%,  le Front pour la démocratie du Burundi (FRODEBU) de Léonce Ngendakuma, cinquième position avec 0,47%, Nahimana Dieudonné 0,42% et Francis Rohero, deux indépendants ferment la marche avec 0,20%.

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