Burundi : deux camps militaires de Bujumbura attaqués, une dizaine de morts

Deux camps militaires du nord et sud de la capitale burundaise Bujumbura ont été attaqués simultanément, ce vendredi à l’aube. Une dizaine de personnes auraient péri.

Plus rien ne va au Burundi, où l’escalade de la violence ne retombe visiblement pas. Deux camps militaires du nord et du sud de Bujumbura ont été attaqués simultanément, ce vendredi, à l’aube. L’armée a de son côté annoncé avoir repoussé les assaillants après plusieurs heures d’intenses affrontements. Une dizaine de personnes auraient péri. L’attaque aurait débuté vers 04h (02h GMT) lorsque des hommes lourdement armés ont fait irruption dans le camp Ngagara et l’Institut supérieur des Cadres militaires(ISCAM), a indiqué un haut gradé de l’armée. Selon lui, les assaillants ont été tués ou repoussés. « Il y a des dizaines de morts chez les assaillants et nous comptons aussi des pertes », a-t-il poursuivi, assurant que la situation était en passe d’être « totalement » maîtrisée.

De son côté le gouvernement n’a pas tardé à réagir. Sur son compte Twitter, Willy Nyamitwe, responsable de la communication présidentielle, a indiqué que des insurgés ont essayé d’attaquer des camps militaires, mais ont échoué. D’après lui, « le but visé serait la libération des prisonniers à Mpimba. Attaquer les camps militaires était une diversion ». Les ambassades des Etats-Unis, de Belgique, de France et des Pays-Bas ainsi que l’ONU ont, pour leur part, déjà appelé leurs ressortissants et employés à ne pas quitter leur domicile.

Le Burundi vit dans la tourmente depuis que le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza a annoncé, en avril 2014, son intention de briguer un troisième mandat. Débute alors pour le pays une série de manifestations massives contre la candidature du dirigeant burundais jugée anti-constitutionnelle, notamment par la société civile et ses opposants. Après avoir échappé à un coup d’Etat, il remporte la Présidentielle, boycottée par la majorité de l’opposition et très contestée aussi bien au Burundi qu’à l’international.

Depuis sa réélection, les assassinats de responsables politiques notamment se multiplient, la violence est toujours de mise dans le pays car ses contestataires sont encore très nombreux. Raison pour laquelle d’ailleurs de nombreux observateurs craignent que le pays ne replonge dans une nouvelle guerre civile alors qu’il n’a pas totalement fini de panser ses plaies.