Burkina : « Le balai citoyen » veut nettoyer chez Compaoré

Les artistes du Burkina Faso, à l’instar de ceux du Sénégal, veulent populariser leurs revendications. C’est le cas de deux artistes burkinabè qui ont créé le 18 juillet dernier, le mouvement « Le balai citoyen ». Les revendications de ce dernier vont-il faire échos auprès de la population ?

Dans un contexte sociopolitique tendu, de par l’éventuelle mise en place du Sénat qui divise la population burkinabè, deux musiciens, Sam’sK Le Jah et Smockey, connus pour leur engagement contre le régime de Blaise Compaoré, unissent leurs forces et créent le mouvement « le Balai citoyen », le 18 juillet dernier. C’est à la suite de la marche du 29 juin, organisée contre la mise en place du Sénat et à laquelle ont participé les deux artistes, que le mouvement a vu le jour. Un mouvement qui se dit pacifiste, œuvrant pour dénoncer la mal-gouvernance.

Le balai citoyen : un mouvement contre le gouvernement

« Balayer ce qui ne va pas dans la société » : telle est la philosophie des créateurs du mouvement. Les deux artistes ont tout d’abord créé ce mouvement afin d’afficher leur position face au gouvernement. « Balai citoyen » est un mouvement qui souhaite, avant toute chose, lutter contre la mal-gouvernance démocratique, politique, militaire, assainir le pays. Ils s’insurgent contre la mise en place du Sénat, les coupures de courant, l’augmentation de près de 50% de la bouteille de gaz. « Le balai citoyen » semble déterminé à venir à bout du gouvernement en place. Selon Smookey, « « Le balai citoyen » sera là aussi longtemps qu’il y aura autant de politiciens qui veulent nous rouler dans la farine. Puisque ce sont eux qui ont établi les règles du jeu démocratique, c’est donc à eux de les respecter ». Les propos de Smookey sont très virulents envers le régime. Sam’s Le jah ne mâche pas non plus ses mots, souhaitant ouvertement que le Président Blaise Compaoré quitte le pouvoir. De ce fait, ils se veulent les porte-paroles de la population qui s’oppose à la modification de l’article 37 de la Constitution qui interdit au Président Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de briguer un autre mandat au-delà de 2015.

Mobiliser la population

Le mouvement souhaite aller à la rencontre de la population afin d’éveiller les consciences, de rassembler un maximum d’individus autour de leur cause. Sams’K le Jah pense, mais surtout souhaite que « chaque citoyen burkinabè reconsidère son rôle dans la marche de la société parce qu’on est longtemps resté en marge de toutes les décisions qui ont été prises. Donc aujourd’hui, il faut que chacun s’implique véritablement et de façon responsable, de façon citoyenne, parce qu’on a la profonde conviction qu’un autre Burkina est possible ». Le mouvement demande à la population d’agir, de s’engager au sein du mouvement sans aucune crainte. C’est d’ailleurs en musique qu’ils vont passer leurs messages, ils viennent de produire une chanson contre la mise en place du Sénat.

Le mouvement « Le balai citoyen » a su, en moins d’une semaine, réunir quelque 1 500 membres sur les réseaux sociaux. Il est également présent sur Facebook et Twitter. Va-t-il réussir à mobiliser un maximum de personnes ? Affaire à suivre.