Burkina Faso : le RSP dissout!

Le premier conseil des ministres après le coup d’Etat au Burkina Faso a été le prétexte pour dissoudre le Régiment de sécurité présidentielle auteur du putsch.

La société civile et certains partis politiques du Burkina Faso, qui réclamaient, depuis plus de 10 ans, la dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), ont eu gain de cause. En ce sens que les ministres burkinabè ont profité, ce vendredi 25 septembre 2015, de leur premier conseil après le coup d’État manqué pour dissoudre le cette branche des forces de sécurité burkinabè.

Ce corps d’élite de 1 300 hommes, était la garde de l’ancien Président Blaise Compaoré, qui a été contraint à la démission par son peuple, en octobre 2014, après 27 ans passés au pouvoir. Le 16 septembre dernier, en plein conseil des ministres, des soldats du RSP avaient fait irruption pour prendre en otage le Président et le gouvernement. Le lendemain, le général Diendéré, par la voix de son porte-parole, annonce le putsch.

Les Burkinabè se mobilisent et contestent le putsch. Le RSP hausse le ton et procède à des séances d’intimidation qui ont coûté la vie à quelques personnes. Dans cette répression, le studio du rappeur Smockey est réduit en cendres. Après près d’une semaine de silence, l’armée entre en action et demande aux putschistes de déposer les armes. Les forces armées se dirigent vers le palais. Diendéré et ses hommes capitulent. Ils acceptent de quitter le palais et de libérer les otages, notamment le Président Kafando et le Premier ministre Zida.

Pendant ce temps, une médiation, pilotée par le président e exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Macky Sall, chef de l’Etat du Sénégal, en compagnie du dirigeant béninois Yayi Boni, tente de rétablir l’ordre au Burkina Faso. Mais le peuple conteste la proposition de la CEDEAO qui stipule une amnistie des putschistes et l’intégration à la Présidentielle de tous ceux qui avaient soutenu Blaise Compaoré dans sa tentative de modifier la Constitution pour se représenter. Au final, l’armée burkinabè parvient à faire reculer le RSP qui accepte de retourner en caserne. Le putsch prend fin. Kafando revient aux commandes du Burkina.

Pourtant, après la chute de Blaise Compaoré les demandes de dissolution du RSP se faisaient plus pressantes. Sauf que les autorités burkinabè n’avaient pas le courage de passer à l’acte. Ce vendredi, les ministres du Faso en ont pris la décision.