Burkina Faso : le RSP accusé de recruter des djihadistes

Le gouvernement de Transition au Burkina Faso a accusé, lundi, certains membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à l’origine du coup d’Etat, d’avoir pris en otage les soldats chargés de leur désarmement. Le RSP est en outre accusé de recruter des djihadistes.

Le général Gilbert Diendéré, à la tête du coup d’Etat du 17 septembre dernier, avec « une poignée d’irréductibles » du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), a pris en otage les soldats chargés de les désarmer, a affirmé, ce lundi 28 septembre 2015, le gouvernement de Transition, dans un communiqué. Le processus de désarmement puis de dissolution de ce corps d’élite a été décidé vendredi dernier par le gouvernement de transition.

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Les putschistes ont « pris en otage non seulement les membres de l’ancien RSP désireux de rejoindre le camp de la raison, mais aussi le personnel des forces armées nationales chargé de l’enlèvement des armes. Plus grave encore, le gouvernement a connaissance de la mobilisation de forces étrangères et de groupes djihadistes qu’ils ont appelé à leur secours », rapporte le texte.

Dans la même journée de lundi, un autre communiqué de l’état-major des armées burkinabè avait annoncé que le désarmement du RSP était dans une impasse, dénonçant « l’agression » du personnel en charge de cette mission.

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Le rôle de « médiateur »

Le général Gilbert Diendéré a « réfuté en bloc » les accusation du gouvernement. Il a indiqué jouer le rôle de « médiateur » entre les deux camps. Il a défendu les soldats du RSP qui ont respecté les propositions de sortie de crise de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) en libérant le Président Michel Kafando et le Premier ministre Isaac Zida ainsi qu’en restant dans les casernes pour commencer à se désarmer. La médiation proposée par l’organisation régionale avait été rejetée par la société civile.

« Qu’est-ce qu’on leur donne en échange ? La dissolution (du RSP), la dispersion dans des différentes régions militaires, l’arrestation de certains d’entre eux. Des menaces sur leurs familles. Cela n’encourage pas l’apaisement. Je ne les commande pas directement, c’est leur chef de corps qui les commande », a-t-il justifié. Le général Diendéré, qui avait joué un rôle de premier plan dans la libération de certains otages au Mali en faisant appel à ses connaissances, a vivement nié avoir mobilisé des « groupes djihadistes ».

Le gouvernement a appelé le peuple à la « mobilisation » tandis que des organisations de la société civile ont lancé le mot d’ordre de « reprendre la résistance active » tout en évitant « les actes de représailles et la vengeance privée ». L’exécutif a voulu aussi « rassurer les membres de l’ancien RSP et leurs familles ».