
Les Forces armées nationales burkinabè disent avoir repoussé, le 30 juin, une série d’attaques coordonnées contre leurs positions à Gayéri, Solhan et Sebba, dans l’est et le nord-est du pays. Selon l’état-major, la riposte, appuyée par des moyens aériens, aurait permis de neutraliser plus de 400 assaillants. Trois soldats burkinabè ont été tués.
L’annonce a été faite mercredi 1er juillet par l’État-major général des armées. Dans son communiqué, celui-ci évoque une offensive de grande ampleur lancée contre trois positions militaires : Gayéri, dans la région de la Sirba, ainsi que Solhan et Sebba, dans la région du Liptako. Les assaillants, venus en nombre, auraient cherché, selon la même source, à infliger un maximum de pertes aux forces burkinabè et aux populations civiles.
Une riposte appuyée par des frappes aériennes
D’après le récit livré par l’état-major, les unités attaquées ont réagi dès les premières heures de l’assaut, avec l’appui des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), ces supplétifs civils mobilisés pour épauler l’armée régulière dans la lutte contre les groupes armés. Des frappes aériennes auraient ensuite visé les colonnes d’assaillants et leurs axes de repli.
Le bilan avancé est particulièrement lourd avec plus de 400 assaillants neutralisés, selon l’armée. Côté burkinabè, trois soldats ont été tués, deux à Solhan et un à Gayéri, et plusieurs autres blessés. Ces chiffres restent toutefois ceux des autorités militaires. Ils ne peuvent, à ce stade, être confirmés de manière indépendante, l’accès des journalistes et des observateurs aux zones de combat demeurant très limité.
Un important arsenal saisi
Les combats auraient également permis de récupérer un important lot de matériel comprenant plus de 250 motos, 353 armes de différents calibres, des munitions de guerre et des moyens de communication. La moto reste l’un des principaux moyens de mobilité des groupes armés au Sahel, leur permettant de mener des raids rapides avant de se disperser dans des zones difficiles d’accès.
Les opérations de ratissage se poursuivaient dans les secteurs concernés afin de retrouver les combattants en fuite. L’état-major a appelé les populations à collaborer avec les forces de défense et de sécurité, notamment en signalant tout comportement suspect. Solhan reste un lieu hautement symbolique au Burkina Faso car en juin 2021, plus de 140 civils y avaient été tués.
Une bataille sur fond de rupture avec Paris
Cette nouvelle offensive intervient dans un contexte politique très tendu. Quelques jours plus tôt, Ouagadougou a annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la France, accusée par les autorités burkinabè d’ingérence et de soutien à des réseaux hostiles. Paris a rejeté ces accusations, les jugeant infondées.
Dans son communiqué, l’état-major burkinabè établit un lien entre ces attaques et la dégradation des relations avec la France, en accusant les groupes armés de vouloir démontrer l’incapacité des autorités de transition à protéger le territoire. Cette lecture n’est accompagnée, à ce stade, d’aucun élément vérifiable publiquement.
Depuis l’arrivée au pouvoir du capitaine Ibrahim Traoré en septembre 2022, le Burkina Faso a profondément réorganisé son dispositif sécuritaire : montée en puissance des unités d’intervention, recrutements au sein des VDP et rapprochement stratégique avec le Mali et le Niger dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel. Malgré ces efforts, les groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique restent très actifs dans le nord et l’est du pays. Si le bilan annoncé par l’armée se confirme, les combats du 30 juin constitueraient l’un des épisodes les plus meurtriers pour ces groupes depuis le début de l’insurrection jihadiste au Burkina Faso.




