Burkina Faso : l’activiste Naïm Touré interpellé pour « tentative de démoralisation » de l’armée

Naïm Touré

L’activiste Naïm Touré a été arrêté par les éléments de la Direction camerounaise de surveillance du territoire burkinabé, qui lui reprochent une tentative de démoralisation des forces de l’ordre à travers ses publications sur les réseaux sociaux.

Arrêté dans la nuit du 12 au 13 novembre 2019, l’activiste a été gardé dans un lieu tenu secret par la Direction de surveillance du territoire. Ce n’est qu’après des heures de recherches que maître Prosper Farama, son avocat, l’a retrouvé au service régional de la police judiciaire. Indigné, son avocat a qualifié cette interpellation d’enlèvement, considérant que l’arrestation de son client n’a pas respecté la procédure idoine.

L’interpellation de l’activiste a également enflammé les internautes du « pays des hommes intègres ». Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les personnes qui ont critiqué la procédure de cette arrestation. Ces critiques ont amené les forces de l’ordre à se justifier et à dévoiler finalement ce qu’ils reprochaient au mis en cause. Dans un communiqué, la police nationale explique que l’interpellation est en rapport avec des « publications faites par l’intéressé sur les réseaux sociaux ».

Maître Prosper Farama affirme, quant à lui, qu’il est reproché à son client « une tentative de démoralisation des forces de défense et de sécurité ». Tout serait parti d’une publication de l’activiste où il insinue que l’armée fait la promotion de la médiocrité. Son avocat fustige le fait que l’on arrête un citoyen pour avoir donné son avis sur une réalité de son pays.