Burkina Faso : 12 supposés terroristes morts dans leurs cellules, leurs familles exigent des explications

Dans la nuit du lundi au mardi 12 mai dernier, les agents des forces de l’ordre burkinabés ont interpellé 25 personnes pour « suspicion de faits de terrorisme ». Chose curieuse, 12 d’entre eux ont été retrouvés morts dans leur cellule dans la même nuit, d’après un communiqué du procureur de la République. Une mort mystérieuse que les familles des disparues ne semblent pas digérer. Elles exigent des explications.

Le procureur de la République, après avoir annoncé la triste nouvelle, a affirmé qu’une enquête est déjà ouverte afin de déterminer les causes réelles du drame. Il se penche néanmoins sur la piste de l’asphyxie qui pourrait être à la base du décès de ces détenus qui devraient par la suite être transférés à Fada N’Gourma pour leur audition. Mais l’opinion publique fait plutôt référence à des bavures policières puisque la plupart des victimes sont membres de la communauté peulh ; un peuple souvent considéré, et parfois à tort, comme responsables d’actes de terrorisme.

Les parents des victimes, qui n’acceptent pas ces décès mystérieux, exigent des explications et une enquête pour faire la lumière sur les zones d’ombres autours des circonstances et causes de ce drame. Selon un proche de l’une des victimes, les forces de l’ordre auraient arrêté une quarantaine de personnes, au marché de Pentchangou, dans l’après-midi du 11 mai. Le lendemain de leur arrestation, les membres de leurs familles qui s’étaient déplacés vers la brigade de la gendarmerie pour prendre de leurs nouvelles avaient reçu comme un choc quand le commandant leur a annoncé que ses hommes n’ont arrêté personne.

Pourquoi inhumer les corps sans réaliser une autopsie ?

Les familles se sont donc rendues à la compagnie de gendarmerie de Fada N’Gourma et il a fallu un véritable bras de fer avant que le commandant de ladite compagnie ne leur annonce 48 heures après le décès de 12 personnes interpellées. « Tous les corps avaient des traces de sang au niveau de la tête », peut-on lire sur RFI.

La principale question que se posent les parents des victimes est la raison pour laquelle les autorités judiciaires n’ont réalisé aucune autopsie sur les corps avant de les inhumer. Est-ce pour brouiller les pistes et détruire des preuves ? Seuls les résultats de l’enquête apporteront des réponses à ces interrogations.