Brazzaville affirme son leadership


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les Prix Nobel M El Baradei et M Yunnus

Du 7 février au 12 février 2014, Brazzaville a connu une semaine d’intense activité économique et diplomatique, avec la présence d’un grand nombre de personnalités économiques et politiques venus de nombreux pays africains et de tous les autres continents. Retour sur une semaine à la fois émouvante, excitante et prometteuse.

Tout à commencé avec le Forum BUILD AFRICA, consacré à une réflexion collective autour des enjeux de la construction des infrastructures en Afrique. Alors que l’Afrique sort d’une décennie de croissance et qu’elle aborde une nouvelle décennie de forte progression économique, l’enjeu représenté par le développement des infrastructures de communication, d’échanges et de production d’énergie est désormais une priorité continentale.

Build Africa

Le Forum BUILD AFRICA a réuni à Brazzaville du 7 au 10 février 2014 plus de 840 participants venant de 49 pays, plus de 80 intervenants inter nationaux, une dizaine de ministres africains venus présenter les projets de leur région et une centaine de journalistes venus également des quatre coins du monde.

Palais des Congrès de Brazzaville

On retrouvait à la fois Vicente Fox, ancien Président du Mexique, Abdoulaye Wade, ancien Président sénégalais, Sanusi Lamido Sanusi, Gouverneur de la Banque centrale du Nigéria, le Dr Elham Mahloud Ahmed Ibrahim, Commissaire aux infrastructures et à l’énergie pour l’Union africaine, tous accueillis par Jean-Jacques Bouya, Ministre congolais en charge de l’Aménagement du Territoire et de la Délégation Générale aux Grands Travaux, auprès du Président Denis Sassou-Nguesso.

Les grands thèmes développés ont permis de tracer des solutions nouvelles, tant en ce qui concerne le rôle des Partenariats Public-Privé dans le développement des infrastructures, en ce qui concerne les enjeux bancaires, la nécessité d’une intégration régionale afin d’optimiser la croissance sans la limiter par des frontières nationales trop imperméables, afin de concevoir des modèles de développement africains, favorisant la création de valeur locale, et la création d’emplois, plus rentable à moyen et long terme que l’accueil d’investissements directs étrangers. Sans oublier la nécessité de développer la formation et le capital humain, qui est le premier levier du développement durable.

Réflexions, résolutions, actions

Parmi les conséquences directes des discussions, plusieurs avancées sont notables et méritent d’être citées : d’abord la création d’un fonds d’investissement pour promouvoir les projets agro-industriels, pour plus de 100 millions de dollars, ensuite la mise en oeivre d’un programme de développement du potentiel hydro-énergétique de 1000 MW du site de Sounda au Congo, enfin un accord d’interconnexion des réseaux de fibre optique CAB3 et CAB4 entre le Congo et le Gabon afin d’améliorer la couverture géographique des réseaux à large bande passante et de diminuer les coûts des services de communication entre les Etats d’Afrique centrale.

Mais au-delà même des premiers accords signés, c’est la dynamique engagée qui mérite d’être saluée : une vision du développement de l’Afrique appuyée sur ses ressources propres afin d’accélérer sa croissance économique par une meilleure intégration des efforts de tous les pays concernés.

Le Président Denis Sassou Nguesso en tribune

La commémoration du Protocole de Brazzaville

Point d’orgue d’une semaine fortement mobilisatrice pour les acteurs économiques, la célébration du 25ème anniversaire du Protocole de Brazzaville a permis de mettre en lumière un épisode décisif dans la construction de l’Afrique moderne : cette négociation au long cours à laquelle les Pays occidentaux assistaient sans en être les instigateurs a en effet permis de construire la Paix en Afrique Australe, entre Angola et Afrique du Sud, en Angola même, et de mettre en oeuvre l’indépendance de la Namibie, ainsi que la fin de la guerre froide, matérialisée par le retrait des troupes cubaines d’Angola.

Une négociation complexe, impliquant de nombreux pays, et qui ouvrit la voie, quelques mois plus tard, à la fin du régime de l’apartheid en Afrique du Sud, à la libération de Nelson Mandela, à la construction de la nation Arc-en-ciel, et à l’élection de Nelson Mandela à la Présidence d’un Pays où il avait passé plusieurs décennies en prison, dans des conditions terribles. Cette évolution était invraisemblable, inimaginable, en 1988, alors que les différents protagonistes se haïssaient profondément et semblaient engagés dans un conflit sans fin.

Impossible n’est pas africain

Jean-Yves Le Drian, Ministre français de la DéfenseEt pourtant, impossible n’est pas africain. La longue médiation de Denis Sassou Nguesso parvint alors, appuyée par une troupe de négociateurs de l’ombre où l’on retrouvait pêle-mêle l’homme d’affaires Jean-Yves Ollivier, qui se dépensa et dépensa sans compter pour trouver les solutions d’un paix où il n’y aurait pas de perdant, Michel Roussin, proche collaborateur de Jacques Chirac, Jean-Christophe Mitterrand, proche conseiller de François Mitterrand, mais aussi Pik Botha, Ministre des Affaires étrangères sud-africain, Chester Crocker, sous-Secrétaire d’Etat américain, le général França N’Dalu, pour l’Angola, Ricardo Alarcon de Quesada, vice-Ministre des Affaires étrangères et Puente Ferro, pour Cuba, le Président finlandais Ahtisaari, Représentant spécial des Nations Unies en Namibie…

les Prix Nobel M El Baradei et M Yunnus

Un grand nombre d’entre eux étaient présents à Brazzaville le 11 février 2004 pour la commémoration de ce grand moment de la diplomatie congolaise, qui représenta un tournant dans l’histoire du continent, et probablement même dans l’histoire du monde, où il marque le point final de la guerre froide.

Le Président Jacob Zuma (Afrique du Sud)

S’y étaient joints plusieurs Prix Nobel de la Paix, de nombreuses personnalités politiques du monde entier, parmi lesquelles les Présidents en exercice de l’Afrique du Sud, de Sao Tome et Principe, du Togo, le Ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, représentant le Président François Hollande et des représentants des institutions internationales impliquées dans le processus de paix en Afrique Australe, en particulier l’ONU ou furent signés le 22 décembre 1988 les Accords de New-York qui entérinaient le Protocole de Brazzaville.

L’ombre de Nelson Mandela

Par leur émouvante intervention, les petits-enfants de Nelson Mandela exprimèrent la gratitude de leur famille, et notamment celle de leur grand-mère Winnie Mandela, pour les négociateurs d’alors, et le Président Jacob Zuma lui-même apporta sa pierre en exprimant au nom du peuple sud-africain la reconnaissance qu’il éprouvait à leur égard. Le 11 février est aussi l’anniversaire du jour où Nelson Mandela sortit de prison…

Les petits-enfants de Nelson Mandela

Une semaine particulière donc, dans la vie de Brazzaville, tournée vers l’avenir, dans la fidélité au passé, qui marqua l’engagement sur le long terme de la République du Congo pour la construction d’une Afrique indépendante, libre et fière d’elle-même et de ses accomplissements, acteur premier de son propre développement et guidée par la volonté de bâtir librement sa propre prospérité. Vous avez dit « Build Africa » ?

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