Boycottez la journée des femmes

Une femme Premier ministre en Afrique, c’est dans tous les sens du terme  » une première  » qu’il est difficile de ne pas saluer. En réaffirmant le droit de lire et d’écrire pour les femmes, la répression du mariage forcé et la reconnaissance aux femmes rurales du droit d’accès à la terre, ainsi que le changement de constitution, le gouvernement de Me Wade tend également à profondément modifier la place des dames au sein de la société sénégalaise.

Mais quelles que soient les qualités réelles ou supposées de la nouvelle patronne du gouvernement, Mme Mame Madior Boye, reste que la proximité de la journée mondiale de la femme jette le voile d’un  » coup  » d’image sur une décision qui devrait s’inscrire comme une rupture avec l’exclusion de la femme des commandes d’un pays.

Un rapide coup d’oeil sur la composition gouvernementale, vous convaincra du chemin à parcourir y compris dans l’esprit d’un moderniste de la vie politique africaine tel que Me Wade. Sur les 29 portefeuilles ministériels, excepté celui de chef de gouvernement, seuls trois ont été accordés à des femmes. Sur ces trois : le ministère des Relations avec le Parlement et celui de la Famille.

Pour toutes ces raisons la Journée de la femme me laisse de marbre. Tout comme la fête des mères ou des grands-mères. Et si demain un consortium d’associations familiales et de syndicat de bijoutiers inscrivait sur les calendriers la journée des taties en lettres d’or, sûr que je lui réserverais la même morgue.

Sérieux, les filles, on vous prend pour des cruches que ne vous n’êtes pas. Ne vous laissez pas faire ! Envoyez aux orties ces galants chafouins qui ne cherchent que le prestige personnel en vous laissant des strapontins à côté de leurs gros fauteuils en cuir. Secouez les naïves qui pensent que leur seul rôle politique est à la tête des ministères  » des Affaires sociales « ,  » de la Famille « ,  » des Relations Extérieures « , (Pire ! ! ! !) de la  » Femme « . Boycottez la Journée de la femme. Refusez d’être des citoyennes d’un jour. Hardi, mes belles ! Demandez (que dis-je ? exigez !) le Budget, les Affaires étrangères, l’Intérieur, l’Energie, la Défense. Tous ces postes que ces mâles politiciens africains jugent, au fond, être seuls à même d’occuper. Je vous soutiens, je vote pour vous et je vous aime.