Bouteflika Go Home

La première visite depuis seize ans d’un chef d’Etat algérien aux Etats Unis n’a pas défrayé la presse occidentale. Contrairement aux espérances d’Abdelaziz Bouteflika qui comptait sur ce voyage pour réaffirmer son statut de leader international, la presse américaine et mondiale à très peu repris l’information. Il faut dire que G.W. Bush n’a pas accordé plus d’une heure d’entretien au Président algérien. Dialogue entre élus d’Etats pétroliers…

En schématisant un peu, la visite du Président d’un pays riche en gaz et pétrole a été bien accueillie par les multinationales, rien de plus. Les Américains s’intéressent toujours uniquement au secteur des hydrocarbures qui représentent aujourd’hui près de 80% de leurs investissements en Algérie. Par ailleurs, si la survie d’un régime démocratique est à leurs yeux important dans le cadre de la lutte contre l’islamisme au Moyen Orient, ils ne peuvent pour autant cautionner trop visiblement un président contesté par une partie de son opinion publique… Des discussions sur une coopération militaire accrue ont cependant eut lieu.

Même peu remarqué par les médias, cette visite n’est cependant pas un échec pour le chef de l’Etat algérien : la France, inquiète de voir s’éloigner son ancienne colonie devrait être prête, pour sa part, à faire davantage d’efforts.

Dans le même temps ce week-end, onze personnes ont été tuées et cinq blessées par un groupe armé à Hameur El Aïn, dans la région de Tipaza à 70 km à l’ouest d’Alger et la contestation kabyle continue. De retour en Algérie, Abdelazziz Bouteflika constatera que son pays n’est pas encore pacifié. Pour faire la paix avec les siens, il a besoin avant toute chose de mettre cette bonne volonté occidentale au service d’une croissance partagée par l’ensemble des algériens. Et cela presse.