Blaise Compaoré chassé, l’armée s’installe : qui tue par l’épée…

Le chef d’état-major des armées, le général Honoré Traoré, a annoncé, ce vendredi après-midi, qu’il assumera la fonction de « chef de l’Etat » du Burkina Faso, chassant ainsi Blaise Compaoré du pouvoir, comme lui-même avait « chassé » son frère Thomas Sankara, un 15 octobre de l’An 1987.

Le chef d’état-major des armées, le général Honoré Traoré, a annoncé, ce vendredi après-midi, dans un communiqué, qu’il assumera la fonction de « chef de l’Etat » du Burkina Faso. Le général Traoré a en outre assuré qu’il agissait « conformément aux dispositions constitutionnelles ». « Constatant la vacance du pouvoir ainsi créée, considérant l’urgence de sauvegarder la vie de la nation, j’assumerai à compter de ce jour mes responsabilités de chef de l’Etat », a annoncé le général de division.

Un peu plus tôt, le Président Blaise Compaoré avait fait annoncer sa démission à la mi-journée. « Dans le souci de préserver les acquis démocratiques, ainsi que la paix sociale (…), je déclare la vacance du pouvoir en vue de permettre la mise en place d’une transition ».

Blaise Compaoré n’est plus Président du Burkina Faso. Il a été contraint à la démission par l’armée qui lui arrache de facto le pouvoir, comme lui-même l’avait fait le 15 octobre 1987, alors qu’il écartait du pouvoir le Président de l’époque, par ailleurs son ami et frère d’arme, pour ainsi nommer Thomas Sankara. Comme le dit l’adage : Qui tue par l’épée, périt par l’épée.

A la seule différence que Blaise Compaoré est lui sain et sauf, alors qu’il n’avait laissé aucune chance à son frère d’arme Thomas Sankara, qui avait été exécuté. Thomas Sankara, qui était arrivé au pouvoir le 4 août 1984, venait de passer trois petites années à la tête du Burkina Faso lorsqu’il a été assassiné. Blaise Compaoré lui en a bouclé 27, et cherchait à rester quelques années supplémentaires à la tête de l’Etat du Faso. Sauf que son peuple a dit non.