Blacks Without Borders étend ses horizons

« Blacks Without Borders » a eu un impact sur tous ceux qui l’ont vu. Le film met l’accent sur les réalisations des Africains Américains en Afrique du Sud et démontre que l’Afrique est beaucoup plus qu’un continent gangrené par la maladie et la guerre.

Jamati.com a rencontré Judy Bailey et Stafford Bailey pour en apprendre plus sur leur voyage à travers le film.

Jamati: Qu’est ce qui vous a fait prendre la décision de réaliser ce film?

Stafford: Je travaillais sur un film au Zimbabwe avec Morgan Freeman et Danny Glover, et les gens ne faisaient que nous dire qu’il y avait beaucoup d’Africains Américains en Afrique du Sud. Je savais que le plus grand nombre d’Africains Américains se trouvait au Nigeria, mais je ne savais rien de ceux qui se trouvaient en Afrique du Sud.

Jamati: C’est intéressant. Qu’est ce qui a poussé les personnages du film à se rendre en Afrique du Sud?

Stafford: Ils ont vu l’opportunité qu’il y avait. Certains y sont allés en vacances et ont fini par s’y installer, et d’autres y sont allés pour trouver des opportunités. Ils s’y sont rendus et ont réalisé qu’ils pouvaient faire beaucoup de choses et se sont engagés dans ce sens. Un des gars ne croyait pas ce que les médias dominants disent à propos de l’Afrique. Un autre a tout vendu et est parti en Afrique du Sud avec une valise et pas grand chose d’autre. Il a réussi à y aller avec une délégation et à fini par rester. Une autre personne a lancé un lieu de concert qui présente des comédiens noirs et s’en sort vraiment très bien. Cora Vaughn était avocate et gagnait environ 1 million de dollars américains par an. Elle avait toujours envisagé de vivre en Afrique. Malgré le fait qu’elle avait souvent voyagé partout en Afrique, elle s’est plus sentie chez elle en Afrique du Sud, et elle s’y est donc installée et a monté un Bed and Breakfast dans un quartier très huppé. Dans l’ensemble, la plupart d’entre eux y sont venus pour se connecter avec leurs racines.

Deux frères ont créé une compagnie de satellite et possèdent actuellement 40% de part de marché. Ils viennent juste de signer une entente d’un milliard de dollars avec Sir Richard Branson du conglomérat Virgin. Une productrice de film s’y est rendue et a s’est fait embaucher pour enseigner aux gens la manière de réaliser des films.

La plupart des gens qui sont allés là-bas s’en sortaient déjà bien aux États-Unis. L’Afrique du Sud est un très bon terrain de formation pour les diplômés universitaires–ils vous permettent de faire ce que vous voulez et vous avez donc accès à plusieurs types d’emplois différents.

Jamati: Selon vous, quelle serait la recette pour réussir si vous souhaitez vous lancer un en Afrique du Sud ?

Stafford: Assurez-vous d’avoir un SUPER plan d’affaires et que vous avez de l’argent. Leur programme « d’affirmative action » est appliqué de façon rigoureuse, et il vous faut avoir un partenaire noir Sud Africain si vous voulez recevoir un financement du gouvernement Sud Africain. Ils sont vraiment super en ce qui concerne l’ouverture de leurs portes et sur l’accès qu’ils donnent à tout ce dont vous avez besoin, étant donné que cela donnera du travail aux Sud Africains.

Jamati: Et quelle réaction les Sud Africains ont-ils eu vis-à-vis d’Africains Américains?

Stafford: Les Africains Américains ont créé des emplois, alors ils sont bienvenus. Ils paient également leurs domestiques de meilleurs salaires que les sud-africains, donc c’est toujours bien apprécié. Il y a eu un peu de xénophobie parce que les Africains Américains sont venus en faisant de grandes promesses qu’ils n’ont pas tous tenues. Dans l’ensemble, ils ressentent le fait qu’il y a des liens entre l’apartheid et l’esclavage et il y a le sentiment que nos parcours sont très similaires.

Jamati: Travaillez-vous sur d’autres projets actuellement ?

Stafford: L’un des projets que nous menons s’appelle Black Road to Hollywood. Nous cherchons à réaliser plus de documentaires pour doter les Noirs de plus de capacités. Réaliser des films qui mettent l’accent et représentent les Noirs à travers le monde sous un éclairage positif. The Other Side of Victory jette un regard sur l’arrière de la scène des shows comme ceux de Bernie Mac, Eddie Murphy, etc.

Judy: Nous essayons de changer une mentalité et aussi les choses que les gens pensent que les Africains Américains veulent voir. Nous voulons faire une percée et apparaître dans les médias dominants.

Stafford: Ou juste toucher plus de Noirs. On parle de l’Afrique éprouvée par la pauvreté et le SIDA, mais il y a des endroits ici aux États-Unis touchés par la pauvreté et le SIDA. Charles Henderson (l’un des sujets de ce documentaire) n’a pas été capable de trouver une jungle dans les endroits qu’il a visité en Afrique, il en a donc créé une dans son arrière-cour. Ce sont ces stéréotypes que nous essayons de changer.