Bientôt un nouveau remède contre le paludisme

En France, le Centre National pour la Recherche Scientifique (CNRS) a mis au point une nouvelle famille de molécules de synthèse pour lutter contre le paludisme. Une alternative aux autres antipaludéens trop coûteux ou mal tolérés par les malades.

Grâce aux travaux du laboratoire de chimie de coordination (LCC) du CNRS de Toulouse, une nouvelle famille de molécules contre le paludisme est née. Le produit de synthèse, actuellement testé sur l’animal, conjuguerait efficacité et faibles coûts de production. Une alternative aux traitements existants, un espoir pour tous les pays touchés.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), institution spécialisée de l’ONU, sur les 300 à 500 millions de cas cliniques observés, plus d’un million de personnes décèdent chaque année du paludisme dans le monde. Un important problème de santé publique pour les uns, un drame pour l’Afrique sub-saharienne qui recense près de 90% des malades.

Un dilemme médicamenteux

Deux grandes familles d’antipaludéens sont utilisés aujourd’hui.

Mais entre un traitement bon marché, à la chloroquine, désormais inefficace seul contre les nouvelles souches résistantes et un traitement actif mais onéreux, à base d’artémisinine, le choix est mince.

La chloroquine, encore largement utilisée, en association avec d’autres produits, développe une certaine toxicité à l’égard des personnes touchées, notamment chez les enfants et les femmes enceintes. L’artémininine, d’origine végétale, est un dérivé d’une plante exclusivement chinoise*. Les chercheurs n’ont pas encore réussi à adapter sa culture hors de son biotope naturel et qu’il faut donc importer.

 » La famille de molécules mise au point par le CNRS associe deux principes actifs différents dans de même molécules appelées trioxaquines « , explique Anne Robert, membre de l’équipe du Bernard Meunier du LCC. Totalement synthétiques, celles-ci peuvent être produites en quantité industrielle et montrent des résultats très encourageants en laboratoire.

 » Mais de la découverte à la commercialisation, le parcours est long « , nous indique Mme Robert. Le traitement pour l’homme n’est malheureusement pas tout de suite.

* l’arpoise amère ordinaire