Biens mal acquis : la justice française réclame un procès contre plusieurs membres de la famille Bongo


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Omar Bongo, ex-Président du Gabon
Omar Bongo, ancien Président du Gabon

Le Parquet national financier (PNF) français a franchi une nouvelle étape dans le dossier des « biens mal acquis ». L’instance demande le renvoi devant le tribunal correctionnel de 18 personnes physiques et de cinq personnes morales. Cette procédure vise principalement plusieurs membres de la famille Bongo, qui a dirigé le Gabon entre 1967 et 2023. L’affaire porte sur des soupçons de détournement de fonds publics, de blanchiment et de corruption ayant permis l’acquisition d’un important patrimoine immobilier en France.

Le dossier judiciaire des « biens mal acquis » connaît une nouvelle évolution en France. Le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi devant le tribunal correctionnel de 18 personnes physiques ainsi que de cinq sociétés dans le volet gabonais de cette affaire ouverte depuis plusieurs années.

Neuf enfants d’Omar Bongo visés par le réquisitoire

Selon le PNF, les poursuites concernent principalement des membres de la famille Bongo, au pouvoir au Gabon de 1967 à 2023. La justice française évalue à environ 85 millions d’euros le patrimoine immobilier acquis en France et soupçonné d’avoir été financé avec des fonds publics détournés. Parmi les personnes concernées figurent neuf enfants de l’ancien Président Omar Bongo, qui a dirigé le Gabon de 1967 jusqu’à son décès en 2009.

Le réquisitoire vise notamment Pascaline Bongo, ancienne directrice de cabinet de son père. Elle est poursuivie pour recel de détournement de fonds publics, blanchiment, corruption active et passive ainsi que pour abus de biens sociaux. Plusieurs appartements situés dans des quartiers prisés de Paris figurent parmi les biens mentionnés dans le dossier. Omar Denis Junior fait également partie des personnes dont le renvoi est demandé.

D’autres personnalités citées dans la procédure

L’ancien Président gabonais Ali Bongo, qui a dirigé le pays de 2009 à 2023, ne figure pas parmi les personnes visées par cette procédure. Le réquisitoire mentionne également Antoinette Sassou N’Guesso, Première dame de la République du Congo. L’ancienne Miss France Sonia Rolland apparaît aussi dans le dossier. Elle est concernée à la suite de l’attribution d’un appartement en 2003 par Edith Bongo, épouse d’Omar Bongo, qu’elle présente comme un cadeau.

Le Parquet national financier demande aussi le renvoi de cinq personnes morales. Parmi elles figure BNP Paribas, soupçonnée d’avoir participé à la conversion d’au moins 35 millions d’euros de fonds considérés comme d’origine illicite. Quatre sociétés immobilières sont également visées. L’entreprise gabonaise Atelier 74, spécialisée dans la décoration intérieure et l’immobilier, est notamment citée.

Des contestations et une instruction toujours en cours

Selon les enquêteurs, cette société aurait reçu plus de 53 millions d’euros en espèces entre sa création en 1987 et 2009 pour des opérations liées au patrimoine immobilier de la famille Bongo. BNP Paribas conteste toute responsabilité dans cette affaire. La banque rappelle sa position, même si l’un de ses responsables avait reconnu devant les enquêteurs des insuffisances dans les dispositifs de contrôle.

Les avocats des membres de la famille Bongo dénoncent, de leur côté, une procédure à caractère politique. Depuis les premières plaintes déposées par plusieurs organisations non gouvernementales en 2007 et 2008, ils contestent les accusations et s’opposent aux poursuites engagées par la justice française.

Plus de cinquante biens saisis par la justice française

Dans le cadre de cette procédure, la justice française a procédé à la saisie de 52 biens immobiliers. Il appartient désormais au magistrat instructeur de décider si les réquisitions du Parquet national financier seront suivies d’un renvoi devant le tribunal correctionnel. L’affaire des « biens mal acquis » a donné lieu à plusieurs procédures visant des dirigeants africains.

En 2020, le Vice-président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang Nguema, a été condamné en appel en France à trois ans de prison avec sursis et à une amende de 30 millions d’euros dans un autre volet de ce dossier. Le réquisitoire du PNF constitue une nouvelle étape judiciaire, mais l’organisation d’un procès dépend désormais de la décision du juge d’instruction.

Etienne Dione
Très attaché à l’Afrique Centrale que je suis avec une grande attention. L’Afrique Australe ne me laisse pas indifférent et j’y fais d’ailleurs quelques incursions
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