Bibi Tanga, un joli-coeur funky

Hier soir, le jeune chanteur de Seine St Denis, Bibi Tanga, a mis le feu aux planches de la vénérable institution parisienne qu’est le New Morning.

Pieds nus et paré nonchalamment de sa basse et d’un sourire enjôleur, Bibi Tanga débarque sur la scène du New Morning. La salle n’est qu’à moitié pleine ? Qu’a cela ne tienne, le New Morning est déjà électrisé par l’effervescence et l’enthousiasme bruyant des fans de Bibi qui sont tous au rendez-vous.

Le jeune homme a de la prestance. Sa fragilité adolescente s’évanouit dès les premières paroles et ses mots, rappés, s’envolent avec légèreté à travers la lumière tamisée de la salle. Le rythme monte peu à peu et la voix se fait plus caressante et mélodique. Le chanteur égrène élégamment ses références, de Lynn Collins à Grand Master Flash, ces grands frères et grandes soeurs de la Soul et des débuts du Hip-Hop.

Le jeune homme a de la patience. Les multiples couacs techniques – inadmissibles pour une salle de cette renommée – n’affectent en rien son calme désarmant. Portée par une formation rythmique réduite – un batteur, un pianiste, un percussionniste, et deux guitaristes – mais néanmoins excellente, sa musique prend une ampleur inattendue. Ce concert est une vraie bonne surprise. Ca commence à remuer ferme dans la fosse, lorsque le funk est rattrapé par les rythmes tribaux du percussionniste. Ambiance.

Ce mélange de force et de funk pêchu dégage pourtant un extraordinaire sentiment de sérénité et de légèreté. Un recette payante pour ce doux poète urbain qui nous raconte ses déboires à l’ombre des murs taggés de sa cité, ses histoires de copains et d’amour. Bibi Tanga est décidément un chanteur charmeur. Et charmant.