Bénin : Vers une année scolaire blanche ?

Bientôt deux mois qu’écoliers et élèves ne vont plus en classe au Bénin. Les enseignants observent une grève trois jours par semaine, reconduite toutes les semaines. Ils réclament une augmentation de leur salaire de base comme celle accordée aux autres fonctionnaires de l’État.

« La menace de défalcation sur salaire est un faible moyen d’intimidation du gouvernement. Cela ne peut nullement émousser nos ardeurs. La grève continue », martèle Maurice un enseignant du secondaire en réaction à la décision du Conseil des ministres du 22 février de déduire le nombre de jours de débrayage du salaire des enseignants à compter de la fin du mois de mars 2012. Cela fait plus d’un mois et demi que les écoliers et les élèves du secteur public des enseignements maternel, primaire et secondaire ne suivent plus les cours les mardis, mercredis et jeudis. Ces trois jours de la semaine sont ceux consacrés à la grève par leurs enseignants. Ces derniers exigent du gouvernement l’augmentation du point indiciaire de leur salaire de 5% comme cela a été fait pour les travailleurs des autres ministères.

Un sujet complexe

À la dernière table de négociation, le gouvernement, représenté par le Premier ministre, et les syndicalistes se sont séparés en désaccord. Pascal Irénée Koupaki a de nouveau précisé aux partenaires sociaux que le décret instituant le relèvement du point indiciaire ne concerne pas les enseignants.
Pourquoi cela ? D’après le Premier ministre béninois, les enseignants se sont battus l’année dernière à coups de grève pour arracher leur décrochage. Ce faisant, ils ont bénéficié de 25% d’augmentation que sont les primes de revalorisation de la fonction enseignante. Mais les enseignants ne sont pas convaincus. La réaction des syndicalistes a d’ailleurs été vive : « Le gouvernement fait de l’amalgame », ont repris en chœur les patrons des syndicats enseignants. Finalement, la négociation s’est arrêtée là.

Quelles conséquences ?

Suite à la décision gouvernementale de procéder à la déduction sur salaire, les enseignants entendent passer dès la semaine prochaine de 72 heures de grève à 96 heures, soit quatre jours de débrayage sur les cinq que compte une semaine d’écolier. Le front des trois ordres d’enseignement ne veut nullement reculer devant les menaces du pouvoir exécutif. « Quand les éléphants se battent, ce sont les herbes qui en pâtissent », dit un adage. Aujourd’hui, les grands perdants de la situation sont les apprenants. Plus ils restent à la maison et plus leurs chances de finir l’année scolaire ou d’aller à l’examen de fin d’année s’amenuisent. Le risque de l’année blanche plane sur l’école béninoise.

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