Bénin : vers un report de la Présidentielle ?

Prévue pour le 28 février 2016, la Présidentielle constitue le principal sujet d’actualité au Bénin. Pour autant, il n’est pas dit que cette importante échéance électorale aura lieu à bonne date.

De notre correspondant à Cotonou

Déclarations de candidature, meetings de soutien, programmes de société. Telles sont, d’une part, les expressions fréquemment usitées, ces dernières semaines, au Bénin. D’autre part, les noms des principaux favoris reviennent en boucle : Lionel Zinsou, Sébastien Ajavon, Patrice Talon, Abdoulaye Bio Tchané, Pascal Irénée Koupaki. Ces éléments captivent non seulement l’attention des professionnels des médias, mais aussi et surtout, celle du Béninois lambda.

Seulement, il se trouve que depuis peu, le tandem élections-rebondissements est pratiquement indissociable au Bénin. Et alors que la campagne commencera officiellement vendredi prochain, l’hypothèse d’un report des élections présidentielles est aujourd’hui loin d’être farfelue quand on prend en compte certains éléments.

La sempiternelle question des cartes d’électeurs

A quelques jours des élections, la distribution des cartes d’électeurs n’est toujours pas effective. Prévue pour le 5 février 2016, cette étape aussi importante qu’indispensable est fortement banalisée ces dernières années. En 2015, la même situation avait déjà été observée, avec les conséquences que l’on sait. De là à penser que les mêmes causes pourraient produire les mêmes effets, il n’y a qu’un tout petit pas.

Une épidémie qui n’arrange rien

En plus du retard observé dans la distribution des cartes d’électeurs, se pose le problème de la résurgence de la fièvre Lassa . En novembre 2014, la maladie avait fait quelques victimes au sein du personnel de l’hôpital Saint Jean de Dieu de Tanguiéta (hôpital situé dans le nord du pays), éveillant la psychose chez les béninois alors que le virus Ebola faisait rage dans la sous-région.

Aujourd’hui, il est question d’épidémie, tant et si bien que le bon sens voudrait qu’il n’y ait pas de rassemblements dans les lieux publics. Quand on sait que la campagne électorale draine du monde, il y a véritablement matière à s’inquiéter, car le risque de propagation de la maladie pourrait être exponentiel.

Alors, est-il possible d’envisager la tenue à bonne date des élections présidentielles malgré les éléments évoqués ci-dessus ? Réponse dans les semaines à venir.